Elizabeth May : 50e anniversaire de la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme

2020/12/07 -- Catégorie(s) : Parlement, Période de questions

2020-12-07 15:39 [p.3044]

Madame la Présidente, c’est un véritable honneur d’unir ma voix à celles de la ministre de la Femme et de l’Égalité des sexes et des députées de Calgary Skyview, de Shefford et de London-Fanshawe pour marquer cette occasion avec les voix de toutes les femmes à la Chambre.
J’ai le grand honneur de m’adresser à vous depuis le territoire ancestral des peuples WSÁNEC. Je vous salue. Hych’ka siem.
C’est un honneur d’intervenir virtuellement à la Chambre, même si comme nous tous, je pense, nous aimerions mieux nous voir.
C’est une occasion extraordinaire de revenir sur le 50e anniversaire de la toute première commission royale dirigée par une femme, qui s’est penchée sur les enjeux qui touchaient les femmes. Je veux établir des parallèles entre les réalités politiques à l’époque de la naissance de ce Parlement et au lancement de la commission royale.
La Commission royale d’enquête sur la situation de la femme, comme l’a dit l’honorable ministre, était le fruit de pressions exercées sur le premier ministre libéral de l’époque, Lester B. Pearson, dans un gouvernement minoritaire. Laura Sabia, alors présidente de la Fédération canadienne des femmes diplômées des universités, qui a mené cette charge pour un examen des droits des femmes au Canada, avait averti Lester B. Pearson que s’il n’approuvait pas une commission royale, deux millions de femmes marcheraient sur Ottawa.
Il y a des féministes remarquables dans cette histoire. Il faut mentionner l’une d’entre elles de nouveau, comme l’honorable ministre l’a dit, une députée, la seule en 1967, mais une formidable féministe, Judy LaMarsh. Elle faisait également partie du cabinet de Lester B. Pearson. Cette députée, la seule, avait participé aux efforts extraordinaires de ce gouvernement libéral minoritaire, sous de fortes pressions du NPD, auquel on devait le système universel de soins de santé, le Régime de pensions du Canada et l’assurance-chômage, autrement dit, à une époque de changements transformationnels dans notre société.
Quand le rapport a été déposé en 1970, il n’y avait encore qu’une seule députée, mais les libéraux étaient majoritaires. Le premier ministre était Pierre Trudeau et la députée ne faisait pas partie de son caucus. Il s’agissait de Grace MacInnis de Vancouver Kingsway. Elle était, bien sûr, membre du Nouveau Parti démocratique.
Le gouvernement avait laissé filer l’occasion d’avoir une femme au sein du Cabinet et de donner suite aux recommandations. Ces recommandations avaient du poids, mais quand on repense à l’époque et à la couverture faite par les médias au sujet de la commission royale, il faut que je cite une perle que j’ai trouvée. Elle vient du magazine Maclean’s de janvier 1968 et concerne la présidente de la commission. Jusqu’à maintenant, aujourd’hui, tout le monde a parlé de Florence Bird, le nom qui revient le plus souvent lorsqu’il est question d’elle dans les écrits historiques. Or, elle était connue en tant que journaliste sous le nom de plume Anne Francis.
Voici ce qu’on pouvait lire dans le numéro de janvier 1968 de Maclean’s:
Avant tout, Anne Francis n’est pas une féministe; elle ne fait pas partie de ces nouvelles suffragettes qui ont fait pression auprès du gouvernement libéral jusqu’à ce qu’il finisse par former la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme, présidée par Anne Francis. Son mari — et les amis de son mari — disent d’elle qu’elle est une merveilleuse épouse.
J’imagine qu’elle ne pouvait donc pas être une féministe. Quelle bizarre d’époque, 1968.
Le Toronto Star et Le Devoir avaient décidé de recueillir l’opinion publique sur la situation de la femme en publiant des sondages de manière à n’obtenir que des réponses d’hommes. La majorité des hommes ayant répondu au sondage du Toronto Star avaient déclaré que la place d’une femme était au foyer. Nous savons maintenant que la place de la femme est à la Chambre, mais à la Chambre des communes, et il y a maintenant 100 femmes à la Chambre des communes, y compris notre vice-première ministre et notre ministre des Finances et les dirigeantes de tous nos caucus.
Examinons ce que le rapport demandait au gouvernement. Pensons qu’il n’aurait pas été donné suite à ce rapport s’il y avait encore eu une minorité libérale sous Lester B. Pearson avec Judy LaMarsh au lieu d’un gouvernement majoritaire sans femme au sein du Cabinet. Elles ont exigé, comme nous l’avons entendu, le droit à l’avortement légal; la fin de l’écart salarial; le respect des droits des femmes dans l’ensemble de la société; la mise en place d’un système universel de garde d’enfants; et ce joyau, qui n’a pas encore été mentionné, elles réclamaient un régime de revenu annuel garanti et que celui-ci commence par les familles monoparentales dans le besoin qui vivaient dans des niveaux élevés de pauvreté. Elles ont aussi fait état des niveaux élevés de pauvreté et de mortalité infantile chez les femmes autochtones.
Évidemment, le rapport résiste mal à l’épreuve du temps. Son examen n’a pas été réalisé dans une optique d’intersectionnalité, il n’examine pas la violence faite aux femmes, mais il était assez progressif.
Le défi que je lance à chacun de nous en 2020, 50 ans plus tard, est le suivant: avec 100 femmes députées à la Chambre des communes, ne devrions-nous pas être en mesure de faire 100 fois plus que la seule femme, Judy LaMarsh, dans le cabinet de Lester B. Pearson?
Ne devrions-nous pas être en mesure de dire que le moment est venu de mettre en place un revenu minimum garanti, que le moment est venu de mettre en place des services universels de garde d’enfants et que le moment est venu de prendre de véritables mesures contre les changements climatiques, maintenant que le Parlement est minoritaire, avant que le pouvoir peu réceptif d’une fausse majorité que procure le système majoritaire uninominal prenne les commandes? Nous devons faire plus maintenant.
En mémoire de toutes ces merveilleuses féministes, telles que Florence Bird, de son nom de plume, Anne Francis, Laura Sabia, Judy LaMarsh et Grace MacInnis et au nom de toutes les femmes qui nous ont précédées avec beaucoup moins à leur disposition pour faire pression pour le changement, faisons plus maintenant. Finissons le travail que la commission royale a commencé il y a 50 ans.

Print this page

Share

Comment vous pouvez aider

Suivez moi

facebook-icon Facebook Twitter YouTube Digg

S'inscrire au bulletin


Green Party Logo

Bureau de circonscription

1-9711 rue Fourth
Sidney (C.-B.)  V8L 2Y8

Tél: 250-657-2000
800-667-9188
Télec: 250-657-2004

Courriel: elizabeth.may.c1a@parl.gc.ca

Bureau d'Ottawa

518 Confederation
Chambre des communes
Ottawa (ON)  K1A 0A6

Tél: 613-996-1119
Télec: 613-996-0850

Courriel: elizabeth.may@parl.gc.ca

Emplois et Bénévolat

Cliquez ici pour les dernières opportunités