Le 60e anniversaire du règne de Sa Majesté la reine Elizabeth II

2012/06/04 -- Catégorie(s) : Discours

Elizabeth May : Monsieur le Président, c’est avec fierté que je me fais l’écho de mes collègues députés aujourd’hui qui rendent hommage à Sa Majesté la reine Elisabeth II.

Nous avons entendu des hommages émouvants, des anecdotes et des souvenirs des événements qui se sont déroulés depuis le début de son règne, des moments de grande affection qui nous portent vers cette reine en particulier, mais aussi vers ce système de gouvernement où le chef d’État réside dans un autre pays.

Il ne fait aucun doute que la monarchie constitutionnelle de ce pays n’est pas vue d’un très bon œil par un grand nombre de mes amis et collègues, et parmi eux, ceux de mon propre parti. Ils y voient un anachronisme. Cependant, aujourd’hui je voudrais non seulement rendre hommage à Sa Majesté la reine, mais aussi faire valoir les nombreuses manières dont cette monarchie constitutionnelle est une bonne chose pour le Canada.

Je voudrais tout d’abord rendre hommage à Sa Majesté la reine, à sa personne. Quelle vie extraordinaire. Le ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration a fort bien rafraîchi nos mémoires en nous rappelant cette jeune princesse qui a dû subir les divers coups de l’histoire, une histoire très personnelle pour cette petite fille; d’abord, la mort de son grand-père et ensuite l’abdication de son oncle du trône qui a eu pour effet de la propulser plus tard sur le trône d’Angleterre, de l’empire et du Commonwealth. Les circonstances étaient extraordinaires et elle a toujours été à la hauteur de l’événement.

Tragiquement ensuite, son père, le roi George VI, est mort. Pour la plupart d’entre nous, la perte d’un parent est synonyme de deuil profond et nous ressentons le besoin de nous isoler pour essayer de composer avec notre douleur éminemment personnelle. Je ne peux pas imaginer à quel point il a dû être difficile pour cette jeune femme de se rendre compte que son destin ne lui permettait pas de pleurer son père. Elle a assumé son rôle de reine dans les minutes qui ont suivi le décès de son père.

Sa Majesté la reine, le duc d’Édimbourg et leurs enfants, dont le prince de Galles, qui défend ardemment la cause environnementale dans le monde entier, sacrifient systématiquement leurs désirs personnels et toute possibilité de transgression momentanée à leur devoir, surtout Sa Majesté la reine. Leur conduite est pour nous tous un exemple à suivre.

Bien que je n’aie jamais eu la chance de rencontrer Sa Majesté, j’ai rencontré divers membres de la famille royale. Nous échangions des anecdotes plus tôt, alors qu’on me permette d’en raconter une. Au cours de la visite royale de 1996, un de mes amis travaillait pour un député et, pour une raison ou une autre, il a été chargé des deux jeunes princes. Will et Harry n’avaient rien pour se divertir pendant que leurs parents vaquaient à leurs occupations officielles — mon ami n’avait pas prévu qu’il devrait s’occuper d’eux. Mais voici ce qui réunit, pour moi, les notions de personne et de symbole national: mon ami a pensé que notre toute nouvelle pièce de 2 $ pourrait intéresser les jeunes princes. Il en a sorti une de sa poche en leur expliquant: « Tenez, les garçons: voici notre nouvelle pièce de monnaie. On y voit un ours blanc. » Ils étaient fascinés. Ils l’ont prise pour la regarder et ont dit: « Oh, et il y a mamie de l’autre côté. » Ils ont ensuite demandé s’ils pouvaient la garder. J’ai toujours pensé que c’était vraiment attendrissant de penser que, pour ces petits garçons, leur propre grand-mère se trouve sur la monnaie du pays.

Alors que les célébrations du jubilé de diamant battent leur plein, les médias publient de nombreuses histoires sur l’affection que lui portent les gens, sur son rôle de matriarche d’une famille qui a subi des pressions considérables et sur celui de symbole de notre pays.

Pourquoi la monarchie constitutionnelle a-t-elle sa place dans un pays moderne? C’est parce qu’elle nous permet d’éviter de tomber dans un piège bien regrettable.

Comme l’auront remarqué les députés, aux États-Unis — qui ont rejeté la monarchie constitutionnelle en 1776 et se sont rebellés contre le roi George III — le public, en mal de royauté, considère ses élus comme de véritables monarques, notamment le président et sa famille. En effet, ils utilisent les termes « première dame », « première famille », « premier chien » et connaissent le nom du chien de tous les présidents des États-Unis. Je me rappelle le nom du chien de plusieurs présidents des États-Unis, notamment Fala, le chien de Franklin D. Roosevelt, sans oublier Checkers ou les beagles de Lyndon B. Johnson.

C’est une fascination malsaine à l’égard de personnes qui, comme nous autres parlementaires, ne sont que de simples élus mortels. Notre mandat est d’une durée limitée, voilà pourquoi nous devrions nous acquitter de notre devoir envers notre pays et servir au Parlement. Tant d’apparat et de cérémonie autour d’un élu — comme un président ou un député qui accède au poste de premier ministre parce qu’il est chef de son parti — sèment la confusion.

Il est très sain que nous ne transformions pas le premier ministre en roi. Pour éviter cette tentation humaine bien naturelle, nous avons besoin de la monarchie. Nous avons besoin d’une famille royale, et elle n’est pas élective. Il faut que ces rôles restent distincts, et une monarchie constitutionnelle le permet. Cela nous permet de reconnaître que, au Parlement, qui s’inspire du régime parlementaire de Westminster, bien que je doive admettre que nous perdons du terrain sur ce plan, le premier ministre n’est que le premier parmi des égaux, et que le chef d’État est Sa Majesté la reine, qui règne sur tout le Commonwealth.

Il existe une autre relation importante, et je suis reconnaissante à mon collègue, le chef du Parti libéral, de l’avoir signalée. Les Canadiens doivent y réfléchir, notamment ceux qui ne voient aucun rôle pour la monarchie à l’ère moderne: la relation la plus directe qui existe entre les peuples des Premières Nations du Canada et ceux de nous qui sommes les descendants des colons passe par Sa Majesté la reine et la famille royale.

Je voudrais faire certaines citations à ce sujet.

Lord Denning, l’un de mes préférés parmi les magnifiques auteurs érudits du Conseil privé du Royaume-Uni, a écrit en 1982 cette observation-ci au sujet de la relation entre les Premières Nations du Canada et la Couronne: « Aucun Parlement ne doit faire quoi que ce soit qui diminue la valeur de ces garanties. » Il parle des garanties des droits des peuples autochtones du Canada par leur relation avec la Couronne. Il poursuit: « Elles doivent être honorées par la Couronne à l’égard du Canada aussi sûrement que le soleil se lève et que les rivières coulent. Cette promesse ne doit jamais être trahie. » Lord Denning était un juriste profondément respecté de la Haute Cour du Royaume-Uni.

J’aimerais également partager les réflexions du chef national actuel de l’Assemblée des Premières Nations. Shawn A-in-chut Atleo, chef national, a très récemment parlé de cette relation. Les mots suivants ont été prononcés en mai, à l’occasion de la rencontre entre les dirigeants de l’Assemblée des Premières Nations et Leurs Altesses Royales le prince de Galles et la duchesse de Cornouailles. Je cite le chef Atleo. Il a dit:

Je tiens à remercier le prince de Galles et la duchesse de Cornouailles pour le temps consacré aujourd’hui aux dirigeants des Premières Nations, compte tenu de notre relation historique antérieure à l’existence du Canada avec la Couronne impériale. La rencontre a porté sur la relation durable, fondée sur les traités, entre les Premières Nations et la Couronne, sur le 250e anniversaire de la Proclamation royale de 1763 en octobre 2013, ainsi que sur le renouvellement de la relation qui doit être à la base des efforts que nous déployons aujourd’hui en vue d’apporter un changement fondamental pour le bien des Premières Nations au Canada.

Le Canada, en tant qu’État successeur, n’a pas honoré l’esprit et l’intention des traités et les chefs n’ont pas manqué de rappeler à Leurs Altesses les assurances précédemment données par la reine Elizabeth le 5 juillet 1973, dans un discours aux chefs de l’Alberta, qui avait confirmé les traités en déclarant ce qui suit: « Soyez assurés que mon gouvernement au Canada reconnaît l’importance de se conformer pleinement à l’esprit de vos traités. »

On peut dire que cette relation est fondamentale. On dit souvent que le Canada a été fondé par deux nations, nommément l’Angleterre et la France, mais je partage l’opinion de John Ralston Saul, qui a dit que notre pays est plus juste parce qu’il repose sur trois piliers plutôt que deux. Trois piliers permettent un meilleur équilibre que deux, équilibre que nous devons au rôle des Premières nations dans la fondation de notre pays. Nous devrions respecter le fait que les droits des Premières nations vont au-delà des droits inhérents issus des traités. Les droits des peuples autochtones vont au-delà de ce que prévoient les traités et, s’ils sont reconnus, c’est en grande partie grâce à la relation très directe et personnelle qu’ils entretiennent avec la Couronne.

Les ancêtres de la reine actuelle ont signé des promesses et des engagements envers les Premières Nations du Canada, et cette relation, fondée sur les traités, qui lie la Couronne et les Premières Nations se poursuit aujourd’hui et doit être préservée.

En ce 60e anniversaire du règne de la reine Elizabeth, je me joins à tous mes collègues au Parlement pour dire que nous avons été très chanceux d’avoir une merveilleuse monarque dévouée, exemplaire et vaillante, une monarque qui aime vraiment tout le Commonwealth et qui a montré clairement son affection pour le Canada en y faisant de nombreuses visites. À l’occasion de son jubilé de diamant, nous avons tous été honorés.

Je remercie les membres actuels du Conseil privé d’avoir pris la décision de créer la médaille du jubilé de diamant et d’avoir permis aux députés de collaborer avec les localités qu’ils représentent pour décerner cette médaille spéciale aux gens qui se sont le plus dévoués dans leur milieu.

Cet événement nous rassemble et, comme d’autres députés l’ont affirmé, la reine n’est pas partisane, et elle s’élève au-dessus des rancœurs. Elle n’intervient pas dans nos politiques nationales, mais elle nous montre l’exemple. Quand nous prêtons serment en tant que députés, nous jurons seulement allégeance à Sa Majesté la Reine. Nous le faisons de nouveau aujourd’hui, tandis que nous rendons hommage à une femme extraordinaire qui est sur le trône depuis 60 ans. Nous tenons à la féliciter.

Que son règne soit de longue durée. Vive la reine.

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