Note d’information: Le Canada et les changements climatiques

2012/12/14 -- Catégorie(s) : Backgrounder

Le Canada est tenu, en vertu de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) de tenir un répertoire de toutes les émissions de gaz à effet de serre (GES) et de présenter un rapport annuel à l’ONU.

Toutes les cibles de réduction des GES que le Canada s’est fixées correspondent à des cibles de réduction globales. Cela comprend la cible fixée aux termes de Kyoto en 1997 (ratifiée en 2002), celle qui correspond à la « Solution canadienne » fixée en 2007 et celle fixée à Copenhague en 2009.

Les cibles canadiennes

Cible Échéancier Toutes les émissions de GES (M tonnes CO2eq) Année où la cible fut fixée
Kyoto 6 % sous 1990 2008-2012 558 1997
La « Solution canadienne » 20 % sous 2006 2020 574 2006
Copenhague 17 % sous 2005 2020 607 2009
Méthode scientifique 25 % sous 1990 2020 442 2007

L’exemple (déplorable) du Canada

Lorsque le Canada a modifié son année de référence et affaibli ses cibles, d’autres pays lui ont emboîté le pas et ont assoupli leur propre position. Pendant que le Canada insiste pour que d’autres pays se donnent des cibles, nous ne respectons pas les nôtres, nous refusons de nous fixer de nouvelles cibles pour l’avenir. Et on se demande pourquoi d’autres pays refusent de prendre leurs responsabilités ?

Kyoto se voulait simplement une première étape, le but ultime étant d’effectuer une transition vers une économie fondée sur l’énergie durable. Tôt ou tard, nous devrons franchir la première étape. La cible que nous nous sommes fixée à Copenhague était plus faible que celle de Kyoto et dix ans en retard sur l’échéancier de Kyoto.

Des cibles de moins en moins ambitieuses

La cible de 2006 saluée par le premier ministre Harper comme étant la « Solution canadienne » est pourtant considérablement moins ambitieuse que la précédente, puisque les émissions de la nouvelle année de reférence choisie (2006 au lieu de 1990) étaient beaucoup plus élevées. La « solution canadienne » n’équivalait donc qu’à des réductions de 2% par rapport à 1990.

À ce jour, le Canada a fourni un effort anémique pour atteindre une quelconque cible parmi celles qu’il s’était fixées au fil des années et des gouvernements successifs. Les groupes écologistes comme la Table ronde nationale sur l’environnement et l’économie (TRNEE) s’accordent généralement à reconnaître que nous raterons même la cible édulcorée de Copenhague. Par ailleurs, dans le projet de loi Mammouth d’exécution budgétaire de 2012, le gouvernement fédéral s’est empressé de démanteler la TRNEE.

Lors des négociations internationales de Copenhague en 2009, le Canada annonçait que la « solution canadienne » serait abandonnée au profit d’une cible équivalente à celle des États-Unis. Toutefois, bien que la nouvelle cible des États-Unis représente une cible plus ambitieuse pour ces derniers, pour le Canada, il s’agissait encore une fois d’une cible moins ambitieuse que la précédente. En effet, le Canada adoptait désormais l’année 2005 comme année de référence, année où les émissions étaient encore plus élevées qu’en 2006, soit l’année de référence précédente. La cible que le Canada s’est fixée à Copenhague (qui correspond à une augmentation de 2 % par rapport aux niveaux de 1990) signifie qu’il continue à renier ses engagements pris aux termes de Kyoto dix ans plus tôt.

Le Canada n’a pas adopté la cible scientifique, qui correspond à la réduction minimale recommandée par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pour éviter un réchauffement planétaire catastrophique de + 2 °C. Paradoxalement, le Canada dit partager l’objectif de ne pas dépasser 2°C d’augmentation.

Les Canadiennes et les Canadiens trompés

Il est vraiment trompeur que le ministre de l’Environnement ou les représentants du gouvernement parlent désormais de réductions des émissions par habitant, alors que les cibles portent sur les émissions globales.

Les émissions par habitant servent à réaliser des comparaisons entre les nations. Celles qui enregistrent un taux d’émissions par habitant plus élevé, comme le Canada, sont d’autant plus responsables de prendre des mesures adéquates pour lutter contre les changements climatiques.

  • Les émissions du Canada par personne sont trois fois plus élevées que celles de la France, plus du double de celles de la Chine et près de vingt fois celles de l’Afrique subsaharienne. Il est encourageant de voir que nos émissions par habitant commencent à baisser, mais les émissions par personne baissent beaucoup plus rapidement en Europe et aux États-Unis.

En résumé, les cibles canadiennes ont souffert d’un manque d’ambition chronique au fil des années. Nous ne sommes même pas en voie de réaliser la cible la plus faible que nous nous sommes donnée. Même si les Conservateurs se voilent le visage, les Canadiens sont menacés par les changements climatiques. Notre participation au dérèglement du climat est considérable et démesurée par rapport à celle d’autres pays.

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