Le Fédéral aurait été au courant de la tentative de géo-ingénierie en Colombie-Britannique

Le quotidien britannique The Guardian révélait hier qu’un homme d’affaires américain a réalisé une expérience de fertilisation océanique à grande échelle en déversant près de 100 tonnes de sulfate de fer au large des côtes de la Colombie-Britannique. Le Californien Russ George a mené l’expérience. Il affirme que le fer a généré un bloom artificiel de plancton de 10 000 kilomètres carrés. Il semble que le gouvernement canadien ait été au courant du projet et l’ait laissé se réaliser.

La technique de géo-ingénierie dite de la fertilisation océanique vise à créer un bloom artificiel de plancton dans l’espoir qu’il absorbera une grande quantité de dioxyde de carbone, laquelle sera ensuite entraînée au fond de la mer à mesure que le bloom coule.

« Ce genre d’expérience est très risquée. Les scientifiques nous avertissent que la fertilisation des océans peut détruire les écosystèmes marins, créer des vagues toxiques, et accélérer l’acidification de l’eau et le réchauffement climatique. La capacité du processus d’absorber le carbone à long terme est également remise en question. Ce qu’il faut comprendre, c’est que ce procédé a un haut potentiel de conséquences néfastes et un faible potentiel de succès. C’est une avenue que nous devons absolument éviter d’emprunter », a déclaré la chef du Parti vert du Canada et députée de Saanich-Gulf Islands, Mme Elizabeth May.

« Le fait que des responsables fédéraux semblent avoir été au courant du projet et l’ait laissé se dérouler est troublant. Ont-ils laissé un homme d’affaire délinquant jouer à l’apprenti-sorcier aux dépends de notre environnement ? Je ne pensais jamais voir une telle chose se produire dans mon pays », a ajouté Mme May.

La confirmation de cette tentative de géo-ingénierie survient alors qu’a lieu en Inde la 11ème Conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique. « Ce qui vient d’être révélé jette un nouvel éclairage sur le rejet canadien, au cours de cette conférence, de nouvelles normes internationales visant à réglementer ces tentatives de géo-ingénierie », a conclu la chef des Verts.