Journée mondiale de la population

Cette année, la Journée mondiale de la population coïncide avec un débat existentiel sur la manière dont la société canadienne souhaite réagir sur la scène internationale aux grands défis qui mobilisent la planète, y compris la pauvreté, les droits de la femme, l’accès à l’avortement et à la contraception et les soins de santé.

« La population de notre planète s’élevait à 7 milliards en octobre dernier », a noté la chef du Parti vert du Canada et députée de Saanich—Gulf Islands Elizabeth May. « À cause de cela, plusieurs voudraient blâmer “la surpopulation” pour la souffrance accrue dans le monde, alors qu’elle tient davantage à la volonté politique. »

May soulignait que les compressions de 377,7 millions de dollars réalisées par les conservateurs de Harper au niveau de l’ACDI et de l’aide publique au développement (APD) traduisent l’absence totale de volonté politique pour respecter les engagements du Canada et atteindre ses objectifs du Millénaire pour le développement avant 2015. 

Les Objectifs, avalisés par le Canada et 188 autres nations membres de l’ONU en 2000, visent à réduire l’extrême pauvreté, la faim et la maladie et à promouvoir l’égalité des sexes, l’éducation et la durabilité environnementale. Même en 2010, Harper invitait les leaders mondiaux réunis lors d’un sommet international de l’ONU où l’aide au développement figurait au programme à faire en sorte que leurs discussions portent « moins sur de grandes promesses que sur des résultats concrets. » Il avançait alors qu’il fallait travailler ensemble pour tenir ses promesses « afin de trouver des solutions pratiques et durables. »

Les conservateurs de Harper ont également pris un tournant dangereux quant à l’accès à l’avortement légal dans les pays en développement. Chaque année, au moins 330 000 femmes meurent de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement. De ce nombre, l’Organisation mondiale de la Santé estime que près de 70 000 femmes meurent de complications liées à un avortement « sauvage ».

Au cours du sommet du G8 de 2010, les conservateurs de Harper ont promis d’accorder jusqu’à un milliard de dollars pour des initiatives en matière de nutrition et de santé, afin de promouvoir la santé maternelle et infantile dans les pays en développement. Toutefois, ils ont également mis fin au financement habituellement alloué pour l’avortement légal, en dépit des statistiques mondiales démontrant que ce genre de restriction ne faisait qu’augmenter le nombre d’avortements à risque et les complications qui en découlent.

« À présent que les conservateurs de Harper ont entrepris de roder un nouveau ministre à l’ACDI, le moment serait bien choisi pour annuler certaines de leurs politiques rétrogrades et cruelles en lien avec le financement pour l’avortement légal », a dit May. « Cela contribuerait certainement à améliorer la réputation internationale du Canada, de plus en plus malmenée, en plus de sauver des vies. »

Harper aura une nouvelle occasion d’élaborer des politiques plus humaines lors du Sommet sur la planification familiale prévu à Londres, Royaume-Uni, le 11 juillet prochain.

« J’invite les conservateurs à profiter de ce sommet pour annoncer l’octroi d’un financement accru pour les droits en matière de santé génésique et reproductive, y compris le droit pour les femmes et les filles d’obtenir de l’information, des services et du matériel de contraception sans coercition ni discrimination », a dit May.