L’ACPP veut-elle écoblanchir le gaz de schiste?

Les directives volontaires annoncées par l’Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP) pour encadrer l’industrie du gaz de schiste ne changeront rien, affirmait aujourd’hui la chef du Parti vert du Canada Elizabeth May. Celle qui est également députée de Saanich—Gulf Islands ajoute : « Ces principes sont vagues et manquent de précisions. Il s’agit davantage d’un exercice de relations publiques que d’une tentative réelle pour protéger l’environnement. »

L’ACPP a informé ses membres de l’adoption de ces nouvelles mesures pour la gestion de l’eau et les pratiques de divulgation entourant la fracturation hydraulique, qui seront respectées sur une base volontaire. « Aucune directive ne pourra prévenir les dommages causés par la fracturation hydraulique. Il n’y a aucune raison d’autoriser cette pratique destructrice », a dit May.

La fracturation hydraulique est un processus par lequel un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques est pompé vers le fond du puits jusqu’à ce que la pression dépasse la force de la roche et fasse craquer le réservoir libérant ainsi le gaz naturel. Les sites de forage sont à l’origine de graves problèmes, dont la contamination chimique de l’air et de l’eau. Les nappes phréatiques et les aquifères sont souvent contaminés par le biais de failles naturelles dans le rock et la liste des produits chimiques détectés comprend un mélange extrêmement toxique de produits cancérigènes et de toxines tel que le benzène, le xylène, le disulfure de carbone, le naphtalène et la pyridine.

« La pléthore de problèmes liés à cette technologie la rend impossible à justifier; il faut y mettre un terme. La contamination généralisée de l’eau et des sols, les quantités d’eau phénoménales requises et l’absence de connaissances scientifiques sur les impacts, y compris sur le lien avec les tremblements de terre, rendent cette pratique carrément insoutenable », a martelé May.