Laissez les scientifiques parler

Dans la foulée du scandale entourant l’interdiction de s’adresser aux médias faite à la scientifique Kristi Miller par le ministère des Pêches et des Océans, le Parti vert du Canada demande au ministre des Finances Keith Ashfield de débâillonner les scientifiques. « Nous avons une scientifique de renommée mondiale en Kristi Miller, et ses recherches revêtent une importance capitale pour nos populations de saumons et pourtant, elle n’a pas le droit de donner des entrevues aux médias », a dénoncé la chef des verts et députée de Saanich-Gulf Islands Elizabeth May. « C’est tout à fait inacceptable. Les travaux de Miller ont été publiés dans le magazine Science, l’un des magazines scientifiques les plus prestigieux au monde, mais le grand public n’a pas le droit d’en entendre parler. »

« En tant que pays, l’effondrement des populations de saumon devrait nous inquiéter au plus haut point et nous devrions pouvoir prendre connaissance des recherches menées par les scientifiques de notre propre gouvernement qui nous permettraient de corriger la situation », a dit la porte-parole des verts en matière de Pêches, Janice Harvey. « Le parcours alambiqué imposé aux scientifiques du gouvernement pour leur permettre de s’adresser aux médias est complètement ridicule. »

Kristi Miller dirige un projet de recherche sur la génétique des saumons à la Station biologique du Pacifique administrée par Pêches et Océans Canada à Nanaimo, sur l’île de Vancouver. Elle a longuement étudié les facteurs génétiques potentiellement associés à l’augmentation des taux de mortalité chez le saumon rouge. Lorsque ses travaux de recherches ont attiré l’attention du monde entier, le Bureau du Conseil privé lui a ordonné de ne pas parler publiquement, lui interdisant du même coup d’accorder des entrevues aux journalistes.

« Museler Kristi Miller fait malheureusement partie d’une vaste stratégie mise de l’avant par le gouvernement Harper qui consiste à bâillonner les scientifiques de tous les ministères, afin de les empêcher de rendre publique toute information digne d’intérêt. On peut affirmer avec certitude que toute information qui finit par voir le jour a été soigneusement filtrée et édulcorée par les grands pontes des communications à Ottawa », a dit May.

Elizabeth May s’est engagée à appuyer l’Association canadienne des rédacteurs scientifiques, qui fait campagne pour mettre fin au bâillonnement des scientifiques du gouvernement canadien.