Action mondiale requise d’urgence pour dénoncer une nouvelle base navale à l’île Jeju

Un projet de base navale encombrant situé dans une réserve mondiale de l’UNESCO a reçu le feu vert en dépit de l’opposition locale, de tensions militaires accrues dans la région et d’un désastre écologique imminent. « Les Canadiennes et les Canadiens sont invités à unir leur voix à celles de la communauté internationale pour dénoncer cette décision irrationnelle de la part des puissances mondiales », a dit la chef du Parti vert du Canada et députée de Saanich—Gulf Islands Elizabeth May. « Nous avons besoin d’un tollé mondial pour appuyer la société civile en Corée du Sud et forcer l’abandon du projet. »

L’île Jeju, Corée du Sud, abrite plusieurs sites naturels classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, dont l’un des principaux systèmes de tunnels de lave de la planète. Avec ses multiples plateaux multicolores et ses murs de lave sombres, ce site d’une beauté exceptionnelle témoigne de l’histoire de la planète, de ses caractéristiques et de ses différents processus.

La côte de Jungdeok, l’un des plus beaux rivages de l’île, a été choisie pour accueillir la base navale, dont la construction a déjà commencé. Matthew Hoey, un analyste en matière de contrôle des armes et le coordonnateur international de la Campagne pour sauver l’île Jeju, ne mâche pas ses mots : « Cette base est située à environ deux kilomètres seulement d’un site du patrimoine naturel mondial de l’UNESCO. Il est complètement insensé que le gouvernement autorise l’armée à détruire la beauté grandiose de l’île pour bâtir ces installations dangereuses… C’est d’une hypocrisie sans nom. »

L’imposant projet naval est également un désastre sur le plan des droits de la personne. Faisant fi de la controverse, et en dépit de l’opposition de 94 pour cent des habitants de l’île Jeju, rien ne freine la construction. Les habitantes et les habitants de Jeju ont développé un langage et une culture uniques, qui se distinguent de la Corée continentale. L’île est par ailleurs réputée pour ses haenyeo (littéralement « femmes de la mer ») – des plongeuses en apnée qui gagnent leur vie en récoltant des produits de la mer – représentatives de la structure matriarcale de l’île.

Autant la construction de la base navale que le trafic imminent de navires militaires, de sous-marins et de véhicules terrestres provoqueront une situation qui ne peut qu’être catastrophique pour ce paradis unique. Plusieurs estiment que la création d’une base navale pour les navires de guerre et les sous-marins américains dans le but de promouvoir la paix internationale frôle la folie militaire.

Les citoyennes et citoyens canadiens doivent rejoindre le tollé international pour sauver cette île et ses habitants uniques au monde. Les Verts mondiaux ont déjà apporté leur plein appui aux efforts de la société civile de la République de Corée, opposée au projet, et prendront part à l’action de solidarité internationale du 2 au 9 septembre, soit pendant le Congrès mondial de la conservation de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature qui se déroulera sur l’île Jeju.