Hon. Jim Flaherty

Elizabeth May : Monsieur le Président, c’est un grand honneur pour moi de prendre la parole ce matin et d’ajouter quelques mots en hommage à notre collègue extraordinaire, Jim Flaherty.

Très peu de gens ici présents ont déjà vécu un moment comme celui que nous avons vécu hier: la moindre velléité d’esprit partisan a instantanément laissé place au choc qu’avait causé l’annonce de la mort d’un homme que nous connaissions et que nous aimions. La mort de Jim Flaherty était aussi inattendue qu’injuste, et je sais que je ne suis pas la première à le dire. Nous savons tous que nous sommes mortels et qu’au fond, il nous est impossible de juger vraiment de ce qui est juste et de ce qui ne l’est pas. Nous savons simplement qu’au fond de nos coeurs, Jim Flaherty méritait de profiter de sa retraite et de tout le bonheur et la tranquillité que cela aurait pu lui procurer.

Comme le rappelait mon collègue de Kings—Hants, nous nous disions encore récemment à quel point il souffrait et nous admirions sa grande persévérance. Quel formidable sens de l’éthique professionnelle devait l’animer pour qu’il refuse de se retirer le temps de soigner une maladie aussi douloureuse que difficile et éprouvante. Mais Jim ne pensait jamais à lui. Pour lui, c’était le pays avant tout.

La candidate du Parti vert dans Whitby—Oshawa, Rebecca Harrison, m’a fait découvrir hier une facette de Jim Flaherty qui ne m’étonne pas vraiment parce que cela lui ressemble tout à fait. La pauvre, elle était démolie. Elle me racontait que Jim assistait toujours aux rencontres entre candidats et qu’il faisait toujours rire l’assemblée. Il l’invitait souvent à prendre une bière. Quelle gentillesse et quelle humanité. Jim aimait tellement les gens qu’il n’hésitait pas à mettre son esprit partisan de côté pour que le monde sache à quel point il aimait rire. Et quel blagueur il faisait.

Hier, quand je suis allée voir la ministre des Pêches et des Océans pour lui exprimer mon soutien, elle m’a dit qu’elle avait justement l’intention de lui faire parvenir une blague qu’elle avait trouvée sur Internet et qu’elle était certaine qu’il allait l’apprécier. Je me rappellerai toujours son sens de l’humour, qui n’avait d’égal que sa compassion et son dévouement pour la chose publique.

Je n’abuserai pas plus longtemps du temps de la Chambre, car je sais que nous sommes tous peinés. Je tiens cependant à transmettre mes condoléances à Christine, aux fils de Jim, John, Galen et Quinn, à nos collègues du Parti conservateur qui l’ont côtoyé, au premier ministre ainsi qu’à tous ceux qui, en ce moment, sont accablés, atterrés et effarés parce qu’ils ont compris qu’ils ne reverront plus Jim Flaherty en ce bas monde.

Je me permettrai de préciser que Jim Flaherty était un homme de foi. Que tous ceux d’entre nous qui ne sont d’aucune confession me pardonnent, mais je tiens à dire que nous sommes sur le point de faire relâche à l’occasion de la période la plus sacrée du calendrier chrétien. En effet, nous allons d’abord avoir le dimanche des Rameaux, puis la Semaine sainte, le Vendredi saint et, enfin, Pâques, journée où nous reconnaissons que Jésus-Christ a brisé les liens de la mort et où nous célébrons sa résurrection. J’espère que ces moments pourront procurer un peu de réconfort à la famille de Jim, car celui-ci était un homme habité par une foi profonde. Tous ceux qui ont la foi savent qu’il se trouve maintenant dans un monde meilleur — en fait, dans le meilleur endroit qui soit.

Donnez-lui, Seigneur, le repos éternel, et que la lumière sans fin brille sur lui. Amen.