Loi sur l’emploi, la croissance et la prospérité durable (loi C-38)

Elizabeth May : Monsieur le Président, le discours du député d’Ottawa-Sud était aussi étoffé qu’éloquent.

Je suis navrée d’entendre le projet de loi constamment décrit comme une grande percée pour l’emploi et l’économie alors qu’en tant que parlementaires, nous avons manqué à notre obligation d’étudier la menace que fait planer le projet de loi C-38 sur ces deux fronts.

Je m’étonne que de nombreux députés conservateurs aient parlé ce soir de l’importance de la compétitivité, de la recherche et du développement ainsi que de l’innovation alors que, selon les études sur la compétitivité les plus réputées dans le monde — j’ai entre autres mentionné celle de Michael Porter, de l’Université Harvard —, l’allégement de la réglementation en matière d’environnement érode la compétitivité et freine l’innovation.

La R et D, et l’innovation, est d’ailleurs l’un des domaines où le Canada accuse un retard certain. Mon ami le député estime-t-il comme moi que le prétendu projet de loi d’exécution du budget minera bel et bien la compétitivité du Canada et sa capacité de produire, en matière de R et D et d’innovation, les résultats qui lui permettront de rester dans le peloton de tête?

David McGuinty : Monsieur le Président, par sa question, la députée vise en plein dans le mille.

Au XXIe siècle, rien ne justifie que nous cherchions à tout prix à faire concurrence à des pays qui peuvent extraire du minerai, défricher des forêts, pêcher du poisson et se tailler une place au sein de l’industrie des ressources naturelles, que le Canada dominait au début du XXe siècle. Ce n’est pas là le rôle que doit désormais jouer notre pays.

Où sont les investissements et le capital de risque? Pourquoi discutons-nous d’entreprises en démarrage au Canada? Pourquoi dépouille-t-on la fondation Technologies du développement durable du Canada de son capital lui permettant de faire équipe avec le secteur privé et de lui apporter une aide financière en vue de créer des technologies vertes?

Dans la course mondiale à l’efficacité énergétique, les paris sont ouverts. Tous les pays le savent. Le Canada devrait être en tête de peloton, mais malheureusement, je pense que le premier ministre n’est même pas dans la course.