Elizabeth May : Monsieur le Président, je remercie tous mes collègues de me donner l’occasion de prendre la parole en cette journée très sérieuse et grave, alors que tous ensemble, nous avons vécu un jour affreux hier. Je veux remercier particulièrement le premier ministre de ses mots, aujourd’hui, ainsi que le chef de l’opposition et le chef du Parti libéral.
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Nous sommes ensemble aujourd’hui et toujours.
Il est rare que les députés soient unis comme ils le sont actuellement. Nous ressentons parfois une peine commune, comme lorsque nous nous sommes rassemblés pour rendre hommage à notre collègue, Jim Flaherty, mais ce que nous vivons aujourd’hui est très différent.
Nous avons tous connu hier, de différentes façons, la peur d’être enfermé quelque part sans savoir ce qui se passe. Nous avons tous vécu, certains beaucoup plus intensément que moi, la terreur de se savoir en danger et de savoir qu’une personne armée se trouve tout juste de l’autre côté de la porte.
Les moments comme celui-ci sont marquants, et il faut rappeler qu’il n’y a pas d’esprit de parti à la Chambre quand nous sommes tous unis ainsi. Tout le monde est sur un pied d’égalité et il n’y a plus de chefs de partis lorsqu’on vit ensemble des instants de pure angoisse et qu’on craint pour sa propre vie ou pour celle de ses proches. Nous formons tous une famille. Il faut le vivre et le dire plus souvent. Nous sommes unis à la Chambre, et il faut que les Canadiens le sachent. Comme l’a dit le premier ministre, nous ne sommes pas en guerre les uns contre les autres.
Nous travaillons ensemble pour notre pays. Quelles que soient nos façons de voir l’avenir du Canada et les voies qu’il devrait emprunter, nous ne sommes au fond que des êtres humains qui ont à coeur le bien-être des autres. Tous les députés sont mes collègues. Que tous les députés sachent que je me soucie d’eux et que je les aime. Il faut que les Canadiens le sachent.
Je ne peux rien ajouter de plus aux belles paroles qui ont déjà été dites, mais il faut les dire encore. Le Canada a perdu cette semaine deux hommes extraordinaires, qui ont été assassinés de sang-froid.
Je parle des meurtres de sang froid de Nathan Cirillo et Patrice Vincent.
Ces crimes nous touchent tous très profondément. À mesure que, chaque jour, nous apprenons des détails touchant la vie des victimes, nous nous rendons compte à quel point le meurtre brutal et insensé de ces deux hommes valeureux représente une lourde perte pour notre pays.
Nous savons — et je pense que nous l’avons toujours su — à quel point notre sergent d’armes est un grand professionnel. Il ne remplit pas simplement un rôle symbolique. La meilleure chose que nous pourrions faire pour lui à l’heure actuelle, ce serait de lui permettre de quitter cet endroit et d’aller pêcher à la mouche sur la Miramichi.
En terminant, je tiens à transmettre mes meilleurs voeux à tous mes collègues et à tous les Canadiens. Je prie pour une chose: que nous continuions de poursuivre un but commun, que nous gardions notre calme et que nous attendions les réponses de la police avant d’avancer des hypothèses quant aux motivations des auteurs de ces crimes, à leurs liens et à l’ampleur de la menace qui plane sur notre pays.
Si j’étais du genre à parier — et, fort heureusement pour mon compte bancaire, ce n’est pas le cas —, je mettrais de l’argent sur le fait qu’il s’agit d’actes isolés perpétrés par des hommes profondément perturbés et déséquilibrés, qui ont sombré dans la folie. Je ne crois pas que nous ayons affaire à un vaste réseau organisé ou que le pays soit plus menacé aujourd’hui qu’il ne l’était la semaine dernière. C’est toutefois mon avis personnel. Il se peut que je me trompe. Il m’est déjà arrivé de me tromper et cela pourrait encore m’arriver. Il ne fait aucun doute que je vais encore me tromper un jour, mais j’aimerais que nous attendions d’obtenir des réponses de la police avant de formuler des hypothèses et que nous parlions de la situation de façon calme et honnête avec tous les Canadiens.
Comportons-nous de manière à respecter totalement les principes figurant dans nos documents fondateurs, soit la paix, l’ordre public et le bon gouvernement.