Peut-on régler les problèmes de santé en dépensant plus d’argent?

Selon les experts, dépenser plus d’argent ne permet pas nécessairement d’obtenir de meilleurs résultats. Il est possible de réaliser des économies d’échelle en créant des listes d’attente centralisées, en remplaçant le système « papier » par la technologie électronique pour communiquer de l’information, en palliant les pénuries de personnel et, dans certains cas, le manque d’espace et d’équipement. Nous pouvons résoudre les problèmes liés aux soins de santé dans notre système public de santé, notamment les délais d’attente excessifs pour les chirurgies, comme on est parvenu à le faire en Alberta (programmes d’arthroplasties de la hanche et du genou) et dans bon nombre de pays européens.

Ces mesures peuvent contribuer à réduire les délais d’attente, mais en vérité, le Canada ne dispose pas d’un nombre suffisant de médecins, d’infirmiers et infirmières, de radiologistes et d’autres professionnels de la santé. Au cours des années 1990, le gouvernement a réduit à l’aveuglette la formation offerte aux médecins et a négligé d’accélérer l’accréditation des médecins et du personnel infirmier qualifié provenant de l’étranger. À l’heure actuelle, le Canada figure parmi les derniers des 30 pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en ce qui a trait au rapport entre le nombre de médecins et le nombre de lits par millier d’habitants pour les soins de courte durée . Dans certaines régions du Canada, 60 % des personnes ne disposent d’aucun médecin de famille. Nous savons tous qu’il est difficile pour les personnes qui arrivent à Saanich Peninsula de trouver un médecin de famille et l’île Galiano ne dispose d’aucun médecin en permanence depuis plus d’un an. Il importe de former davantage de médecins et de veiller à une meilleure affectation des médecins – plus de médecins de famille, moins de spécialistes et plus de médecins orientés vers la pratique en milieu rural.