Débat d’urgence : l’Ukraine

Elizabeth May : Monsieur le Président, je pense qu’aujourd’hui, les députés sont tous unis, comme ils le sont souvent, parce qu’ensemble, comme Canadiens, au-delà de nos allégeances politiques, nous nous préoccupons du sort du peuple ukrainien. Nous devons savoir que tout ce qui est en notre pouvoir sera mis au service de la cause de la démocratie et de la liberté afin que les Ukrainiens, qui s’attendaient raisonnablement à pouvoir s’aligner sur l’Union européenne, n’en soient pas empêchés par quelque chose qui ne représente pas leur volonté, leurs préoccupations et leur désir d’adopter un régime démocratique.

Il n’est pas tout à fait minuit, mais il est tard. J’aimerais demander à ma collègue, au nom des députés de l’opposition présents ici ce soir, ce que nous pouvons faire, en tant que parlementaires et Canadiens, pour appuyer les Ukrainiens qui ne veulent rien de plus que ce dont nous jouissons chez nous: la liberté d’expression, le droit au rassemblement démocratique et le droit de soutenir la cause de la démocratie et de la liberté.

L’hon. Laurie Hawn : Pour répondre, monsieur le Président, je dirais que nous pouvons faire ce que nous faisons en ce moment, c’est-à-dire dénoncer la situation qui sévit et exprimer haut et fort les inquiétudes des quelque 1,3 million de Canadiens d’ascendance ukrainienne de partout au pays, dont ceux, nombreux, de ma circonscription. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés. Il y a des choses que nous pouvons faire. Nous ne pouvons pas prendre de mesures offensives — envahir l’Ukraine, par exemple —, mais il y en a manifestement d’autres à notre disposition. Tout est sur la table, même si tout ne se joue pas nécessairement sur la place publique.

Dans mon ancienne vie, j’ai commandé un escadron de F-18 en Europe. J’ai conduit les membres de mon escadron sur le terrain, au pied du mur de Berlin — c’était peu de temps avant sa chute —, afin qu’ils constatent pourquoi exactement nous avions été envoyés en Allemagne et pourquoi il importait que nous, les Canadiens, fassions ce que nous faisions. Tout était silencieux. Le nom de la ville où nous étions m’échappe. C’était une petite ville d’Allemagne de l’Est. Il y régnait un silence de mort. La ville comptait à peu près un demi-million de personnes. On entendait des chiens aboyer et de rares voitures circuler, mais rien d’autre. C’était pour ainsi dire une ville morte. Nous ne pouvons pas laisser la même chose se produire en Ukraine.

Nous ne pouvons pas nous préparer comme nous avons pu le faire en Europe centrale, mais nous pouvons certainement faire ce que nous faisons aujourd’hui, c’est-à-dire dénoncer haut et fort ce qui se passe et prendre les mesures qui sont à notre portée, de concert avec nos alliés — Américains, Européens et autres —, afin de faire clairement comprendre à Ianoukovitch, à ses hommes de main et, bien franchement, aux puissants vauriens d’autres pays de qui il prend des ordres que nous ne tolérerons pas la situation et que nous ferons tout en notre pouvoir pour améliorer le sort des Ukrainiens.