Loi sur l’abolition du registre des armes d’épaule

Elizabeth May : Monsieur le Président, le député de Yukon ne trouve-t-il pas contradictoire que le ministre de la Sécurité publique, qui a dénoncé le registre des armes d’épaule en disant qu’il s’agissait d’une intrusion dans la vie privée, présente maintenant le projet de loi C-30 pour mettre en place un registre renfermant des renseignements personnels?

Le député de Yukon s’opposera-t-il aussi au projet de loi C-30, comme j’entends moi-même le faire?

Ryan Leef : Monsieur le Président, personnellement, je ne fais pas le parallèle entre une base de données renfermant des données qui circulent déjà sur Internet et qui permettent la prolifération de la pornographie juvénile au Canada et la base de données du registre des armes d’épaule. 

En tant que propriétaire d’armes d’épaule, je dois remplir des formulaires et me soumettre à une vérification. Ces renseignements sont transférés dans un registre bourré d’erreurs, car j’ai reçu des informations sur l’enregistrement d’armes dont je n’étais pas propriétaire. En soi, cela aurait pu me placer dans une situation incriminante.

Il s’agit de systèmes forts différents.

À mon avis, le projet de loi sur l’accès légal est une bonne mesure législative, qui mettrait un frein aux crimes sadiques et haineux de pédophilie et de pornographie juvénile qui sont commis au Canada. Je voterai pour cela. Les dispositions législatives en matière de protection des renseignements personnels applicables aux Canadiens — comme l’a bien dit le ministre — seront maintenues. J’ai lu le projet de loi et je suis sûr que les dispositions strictes concernant la demande de mandat assureront la protection des renseignements personnels des Canadiens, ainsi que la compétitivité des entreprises auprès des consommateurs, ce qui est une excellente chose.