L’hon. Wayne Easter : Monsieur le Président, je remercie la chef du Parti vert de ses observations. Je crois qu’elle a visé juste lorsqu’elle a dit en dernier que la possible adoption du projet de loi C-23 serait « un jour sombre pour la démocratie ».
[MBEZCkYJmms]
La députée a donné plusieurs exemples. Il y a aussi deux autres éléments auxquels le gouvernement conservateur a nui. La façon dont le Canada tenait des élections, notamment grâce à Élections Canada, a déjà été un modèle à suivre. La même chose peut être dite au sujet de Statistique Canada, qui a déjà été l’un des meilleurs bureaux de statistique du monde, mais qui, depuis que les conservateurs sont au pouvoir, est considéré comme l’un des pires.
J’ai deux questions pour la députée. Premièrement, étant donné que le projet de loi C-23 nous empêche dans une certaine mesure de bien encadrer les élections et de faire enquête sur les manoeuvres suspectes, permettrait-il à un gouvernement d’acheter ou de voler les élections? Deuxièmement, devrions-nous demander aux Nations Unies d’envoyer des observateurs au Canada lors des prochaines élections?
Elizabeth May : Monsieur le Président, je présume que le deuxième volet de la question du député de Malpeque était quelque peu ironique. Je me contenterai donc de répondre au premier volet, à savoir: devrions-nous être inquiets?
Selon tout ce que j’ai pu lire — et je me suis beaucoup intéressée à ce qui s’est passé en 2008 à Saanich—Gulf Islands —, je crois que c’était un projet-pilote ayant pour but de déterminer si le recours à des appels automatisés pouvait changer le cours des élections dans une circonscription. Élections Canada et la GRC n’ont pas pu faire la lumière sur cette affaire. La GRC a dit à quelques personnes qui ont porté plainte qu’elle ne pouvait pas trouver le responsable de ces appels parce que le numéro de téléphone venait des États-Unis.
S’il avait été question d’un producteur de pornographie juvénile ou d’un réseau de traite de personnes, j’ose croire que nous aurions essayé de trouver l’origine de ces appels. Il est inacceptable de dire que nous n’avons pas pu trouver le responsable parce que le numéro utilisé vient des États-Unis. C’est comme s’il importait peu de savoir qui, de Gary Lunn ou de Briony Penn, a été élu. Or, c’est important, et l’heure est grave pour la démocratie canadienne lorsqu’une campagne frauduleuse d’appels automatisés peut faire changer le cours des élections.
J’estime que l’impossibilité de faire la lumière sur les élections de 2008 à Saanich—Gulf Islands a donné lieu à une utilisation répandue des appels automatisés en 2011 pour empêcher des électeurs de voter. Si nous ne réussissons pas à faire la lumière sur ce qui s’est passé en 2011, j’ose à peine en imaginer les conséquences pour les prochaines élections générales.