Les verts à Harper : ne vendons pas les droits de la personne au « dollar tout-puissant »

Le Parti vert du Canada reconnaît l’importance fondamentale du commerce pour le pays, et les gouvernements canadiens successifs devront continuer à le mettre au premier plan. Cependant, les Canadiennes et les Canadiens estiment que le commerce ne devrait jamais avoir préséance sur les droits de la personne, ici ou à l’étranger. Au moment où la délégation canadienne s’apprête à se rendre en Chine, il faut accorder la même importance aux préoccupations et aux discussions à l’égard des droits de la personne qu’aux considérations commerciales.

« Des adeptes du Falun Gong qui vivent dans ma circonscription ont visité mon bureau pour s’assurer que je connaissais bien le traitement cruel réservé aux adeptes du Falun Dafa en Chine », a dit la chef des verts et députée de Saanich—Gulf Islands Elizabeth May. « Je sais très bien que votre pratique s’articule autour de la non‑violence, de la responsabilité individuelle et de mouvements gracieux et cela rend encore plus inacceptables la répression, la torture et les arrestations arbitraires dont vous êtes victimes simplement pour avoir osé pratiquer un mouvement spirituel libérateur qui favorise la détente du corps et de l’esprit. »

May a appelé les dirigeants chinois et canadiens à ne pas oublier que les deux pays sont signataires de la Déclaration universelle des droits de l’homme et de la Déclaration sur les droits des peuples autochtones. Par conséquent, les négociations commerciales devront être animées par la volonté d’améliorer le respect des droits de la personne et de préserver la diversité culturelle et ethnique.

En 2006, Stephen Harper réclamait exactement la même chose. En effet, lors d’une escale à Anchorage, Alaska (15 novembre 2006), il a fait la déclaration suivante : « Je pense que les Canadiens veulent que nous entretenions de bonnes relations commerciales partout dans le monde. Je ne pense pas que les Canadiens souhaitent que nous abandonnions nos importantes valeurs canadiennes – notre foi dans la démocratie, dans la liberté et dans les droits de la personne. Ils ne souhaitent pas que nous sacrifiions nos valeurs sur l’autel du dollar tout-puissant. »

Au cours de la dernière semaine, des manifestations organisées sur la Colline parlementaire par les Tibétains et les adeptes du Falun Gong pour demander au premier ministre de promouvoir l’adoption de réformes pendant son séjour en Chine, du 6 au 12 février 2012. May s’est adressée aux manifestants à deux reprises : « Si le Canada veut créer un partenariat avec la Chine, nous avons également la responsabilité de les convaincre de mettre fin à la répression et aux violations des droits de la personne. Cela est particulièrement important étant donné que le Canada autorise le gouvernement chinois à posséder des ressources canadiennes; en effet, la Chine a déjà investi plus de 20 milliards de dollars dans les sables bitumineux de l’Alberta. »

« Certaines des pires atrocités sont commises par la Chine, et j’estime qu’il est de notre devoir de les dénoncer », a dit le député Garry Breitkreuz. D’autres députés conservateurs partagent ce point de vue, dont Rob Anders et Stephen Woodworth.

Zhang Tianxiao, un des manifestants rencontrés sur place, a fait écho à ces propos : « Avec le commerce, il n’y a qu’un seul principe qui compte, et c’est que le Canada ne devrait jamais sacrifier les droits de la personne et ses principes moraux pour obtenir un avantage matériel. » La sœur de Zhang, Yunhe, est portée disparue en Chine depuis 2002 et le beau-frère de Zhang figure au compte de 3400 personnes assassinées par le régime pour avoir refusé de renoncer au Falun Gong. « Vendre des usines de production canadiennes à des sociétés publiques chinoises, qui affichent un bilan environnemental désastreux et ont l’habitude de s’ingérer dans la politique des pays où elles sont implantées, est une question d’un tout autre ordre », a ajouté l’ancien député et secrétaire d’État pour l’Asie David Kilgour.

« Nos enfants se souviendront-ils de nous pour nos échanges commerciaux ou pour avoir utilisé le commerce extérieur pour promouvoir le respect des droits de la personne dans les pays en développement? », a demandé Joe Foster, porte-parole des verts en matière de droits de la personne.