Pas d’exception à la torture

Le Parti vert du Canada a vivement condamné hier le renversement de politique du gouvernement conservateur, qui accepte désormais les renseignements obtenus par la torture. « Les États-Unis ont déjà emprunté cette voie sans issue. Le Canada doit s’abstenir de les suivre », a déclaré la chef des verts et députée de Saanich—Gulf Islands Elizabeth May.

Dans une directive obtenue par la Presse canadienne grâce à la Loi sur l’accès à l’information, le ministre de la Sécurité publique Vic Toews indique au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) que « dans des circonstances exceptionnelles », le SCRS devrait « partager l’information la plus complète disponible avec les autorités pertinentes, y compris de l’information basée sur des renseignements fournis par des agences étrangères qui pourraient avoir été obtenues par la torture ou de mauvais traitements. »

« Stephen Harper affiche encore une fois son hypocrisie. Avant, il insistait pour dire que les renseignements obtenus par la torture étaient contaminés et devaient être écartés. Quand cela est-il devenu tolérable? » a demandé Eric Walton, porte-parole des verts en matière d’affaires internationales. « Il n’existe pas de circonstances où la torture est acceptable. En outre, la torture ne fonctionne pas. Il est notoire que les renseignements obtenus [par la torture] ne sont pas fiables. »

La Conférence des évêques catholiques des États-Unis a demandé aux États-Unis de cesser d’utiliser les renseignements obtenus par la torture : « Malgré ce climat périlleux, notre nation ne doit pas baser sa moralité sur la notion “aux grands maux, les grands remèdes”. Il ne peut y avoir aucun compromis sur l’impératif moral de protéger les droits de la personne les plus fondamentaux de toute personne incarcérée, sans égard au motif. »

« Une nation qui valorise la justice, la primauté du droit et les libertés civiles ne doit pas pratiquer la torture. C’est aussi simple que ça », a dit May.