Motion de l’opposition — La disparition de femmes autochtones

Elizabeth May : Monsieur le Président, je remercie la députée de St. Paul’s d’avoir présenté cette importante motion à la Chambre, ainsi que la secrétaire parlementaire de ses observations.

Il s’agit bien sûr d’une question qui nous concerne tous. L’inertie à l’égard de la criminalité, l’absence apparente de volonté politique pour la prévenir et notre incapacité à lutter contre celle-ci nous inquiètent tous grandement.

Toutefois, on a proposé une mesure qui s’annonce prometteuse, selon moi. Elle ne règlerait pas tout le problème, mais elle offre une piste de solution. J’aimerais connaître le point de vue de la secrétaire parlementaire là-dessus. Si j’ai bien compris, le seul obstacle à la mise en oeuvre de cette mesure, c’est le financement. Pourtant, elle coûterait beaucoup moins cher que les célébrations entourant la guerre de 1812.

Je parle d’une banque de données génétiques. Cette idée a été étudiée en comité. Le principe est le suivant: les indices prélevés sur une victime de meurtre non identifiée seraient comparés aux données compilées dans une banque de données sur les personnes disparues. Il s’agit d’une mesure sensée qu’on appelle la « loi de Lindsey », en l’honneur d’une jeune femme de ma circonscription qui a disparu à l’âge de 14 ans. Cela fera bientôt 20 ans que cette tragédie est survenue.

Quelle importance la députée accorde-t-elle à la création d’une banque de données génétiques?

Kerry-Lynne D. Findlay : Monsieur le Président, les remarques de ma collègue semblent laisser entendre qu’elle est en faveur de la création d’un comité spécial, et je tiens à l’en remercier.

Beaucoup d’initiatives ont déjà été lancées, et beaucoup d’autres sont à l’étude. C’est une question complexe. Il est malheureux d’entendre les députés de l’opposition dire que nous n’avons rien fait et que nous n’avons jamais prêté attention à cette question. Ce n’est tout simplement pas vrai.

Nous avons pris de nombreuses initiatives, y compris mettre sur pied le nouveau Centre national pour personnes disparues; améliorer la base de données du Centre d’information de la police canadienne; créer un site Web national afin d’aider à jumeler d’anciens cas de personnes disparues avec des restes humains non identifiés; soutenir le développement de projets pilotes en milieu scolaire et communautaire ayant pour objectif de rendre les jeunes femmes autochtones moins vulnérables à la violence; soutenir le développement et l’ajustement des services aux victimes afin qu’ils soient adaptés à la culture autochtone; créer une liste des pratiques exemplaires afin d’aider les collectivités, les organismes responsables de l’application de la loi et les différents intervenants dans le domaine de la justice dans leur travail futur; aider les communautés autochtones à élaborer leurs propres plans de sécurité communautaire; et soutenir l’élaboration et la distribution de documents visant à sensibiliser le public. La liste est longue.

Toutefois, nous avons évidemment affaire à une situation tragique et dramatique, et nous convenons que nous devrions tous participer à la recherche de solutions. Si des idées novatrices sont trouvées, j’espère qu’elles seront présentées au comité.