Loi visant à empêcher les passeurs d’utiliser abusivement le système d’immigration canadien

Elizabeth May : Madame la Présidente, l’aspect le plus odieux de ce soi-disant projet de loi contre le passage de clandestins, que j’appellerai désormais la « loi anti-réfugiés », est la perspective qu’une loi canadienne exige l’emprisonnement d’enfants d’éventuels demandeurs du statut de réfugié au Canada et la détention pendant toute une année d’une famille complète, homme, femme et enfants, en plus de ne prévoir qu’un seul examen par le ministre.

Aussi longtemps que nous continuerons de l’appeler la loi contre le passage de clandestins, nous permettons la poursuite de ce simulacre, car en vérité, c’est une loi anti-réfugiés.

Je rappellerai au député l’histoire du St. Louis, en 1939, dans le port d’Halifax. En vertu de nos lois actuelles, le capitaine Gustav Schroeder, qui, contre rémunération, a courageusement transporté jusque sur nos côtes des réfugiés juifs fuyant l’Allemagne nazie, serait emprisonné à vie. C’est déjà dans la législation canadienne; ce n’est pas dans le projet de loi. De plus, les 937 réfugiés juifs allemands seraient internés pendant un an au Canada.

Les députés d’en face ont dit hier que cela aurait été bien préférable à être renvoyé dans les camps de la mort de l’Allemagne nazie, mais je suis convaincue que ce n’est pas ainsi que les Canadiens veulent agir envers les réfugiés qui arrivent à nos frontières, en mettant les hommes, les femmes et les enfants en prison pendant un an.

Le député pourrait-il nous en dire davantage sur les répercussions que ce projet de loi aura, à son avis, sur les enfants des familles de réfugiés?

Jamie Nicholls : Madame la Présidente, on peut voir que la détention d’enfants et de familles aurait un effet épouvantable.

Imaginons que quelque chose se produise au Canada, que nous soyons victimes d’une catastrophe naturelle ou d’une forme de persécution qui amène des Canadiens à fuir vers un autre pays et que, en arrivant dans ce pays, ils ne soient ni appréciés ni intégrés à la population. Disons qu’ils soient détenus dans ce pays pour leur propre protection parce que la population locale a été amenée à se méfier de tous les étrangers.

J’imagine que les familles dans cette situation seraient épouvantablement consternées. Cela ferait un tort considérable, sur le plan psychologique, à ces familles, et surtout aux enfants. Une telle situation crée des effets médicaux et physiologiques bien documentés sur les enfants réfugiés qui ne sont pas bien accueillis ni intégrés. On constate des effets physiologiques et des répercussions psychologiques graves dans ces cas. Ces enfants ont les symptômes du TSPT et toutes sortes d’autres problèmes qui compliquent grandement leur développement personnel. Ce n’est pas dans l’intérêt supérieur de l’enfant. Quand un tel enfant est finalement intégré à la société, il a besoin de soins particuliers, ce qui nécessite des ressources en conséquence.

Pourquoi ne pas repartir de zéro et aider ces familles à s’intégrer à notre société au lieu de les mettre à l’écart?