Pourquoi le juge dans l’affaire Sona estime que le témoin de la Couronne était probablement impliqué?

Michael Sona a été reconnu coupable en raison d’un certain nombre de témoignages. Ses amis, qui ont été témoigné à contrecœur pour la plupart, en ont fait un portrait que le juge Hearn a trouvé convaincant – un jeune homme aimant le drame, qui adorait son rôle au cœur d’une machination politique de nature criminelle . Il était tellement excité par ce stratagème à Guelph qu’il s’en est vanté après coup.

Le juge a estimé que le principal témoin de la Couronne, le sous-directeur de la campagne du Parti conservateur à Guelph, manquait totalement de crédibilité. La Couronne souhaitait tellement que cet homme témoigne qu’elle lui a accordé l’immunité contre toute poursuite. À l’issue du procès, Andrew Prescott avait perdu toute crédibilité et semblait être un participant probable de la machination. Selon le juge Hearn, son témoignage était futile, car il ne voyait que ses propres intérêts et possédait une capacité unique de régénérer ses souvenirs avec le temps, même lors du procès, et de faire des déclarations que même la Couronne reconnaissait comme incorrectes.

Le juge a énoncé clairement qu’à son avis le principal témoin de la Couronne était impliqué  assez lourdement dans la machination. Voici quelques exemples du comportement d’Andrew Prescott que je trouve choquants :

  • Il n’a jamais pu dire pourquoi il était entré dans le système de RackNine à 4 h 15 le jour des élections; il a expliqué qu’il tentait de comprendre depuis deux ans. En fait, le bureau de compagne du Parti conservateur à Guelph était très occupé à 4 heures du matin. Prescott a déclaré qu’il y faisait de la promotion, avec les « jeunes loups » du Parti.
  • Le juge a estimé que ce fait était important, bien qu’il ait noté à plusieurs reprises avec sarcasme que ce n’était peut-être qu’une coïncidence que M. Prescott ait son propre compte dans RackNine, ait établi les TI pour l’ensemble de la campagne, ait déjà travaillé chez Bureau en gros et connaissait très bien les téléphones cellulaires.
  • La Couronne a signalé que M. Prescott était en vacances et n’était pas revenu au bureau avant le 29 avril, mais que rien ne s’est produit concernant le téléchargement de messages téléphoniques ou de messages tant que M. Prescott n’est pas revenu au travail. (p 32—décision dans l’affaire Sona)
  • C’est Prescott, et non Sona, qui a eu accès à la base de données du Parti conservateur (SGIC) dont il est question dans les appels.
  • Et non seulement Prescott a configuré les ordinateurs pour la campagne, mais, selon la décision de M. Hearn, après l’élection, c’est M. Prescott qui a effacé tout le contenu des ordinateurs et les a fait détruire et, au moment où il était interviewé ou du moins contacté par Élections Canada, il n’y avait plus d’ordinateurs. (p 32—décision Sona)

Qui détruirait des ordinateurs utilisés dans une campagne? Et, s’il n’y a rien eu d’illégal, pourquoi les détruire?

Dans le présent numéro…