Le saumon de la Colombie-Britannique sans avenir un an après la publication du rapport de la Commission Cohen

Voilà un an, la Commission Cohen rendait public son rapport final sur le déclin alarmant des populations de saumon rouge de la rivière Fraser. Malgré les recommandations du rapport pour la mise en place de mesures efficaces, l’avenir du saumon sauvage de la Colombie-Britannique est plus que jamais incertain.

Présidée par le juge Bruce Cohen, cette enquête de trois ans comprenait des témoignages de scientifiques, des Premières Nations et du public qui ont mené à un rapport historique de trois volumes de plus de 1000 pages qui a coûté plus de 26 $ millions.

Le rapport présentait 75 recommandations stratégiques pour combattre les multiples menaces à la survie du saumon sauvage de la Colombie-Britannique. Un an plus tard, presque aucune de ces recommandations n’a fait l’objet de mesures concrètes.

Le 19 mars, Elizabeth May, députée de Saanich – Gulf Islands et chef du Parti vert du Canada,demandait au ministre des Pêches et des Océans de l’époque, Keith Ashfield, de mettre en place les recommandations, et exhortait le gouvernement conservateur de Stephen Harper à « commencer à protéger le saumon sauvage au lieu de le pousser vers la voie de l’extinction ».

Sept mois plus tard, l’actuelle ministre des Pêches et des Océans, Gail Shea, n’a pas encore répondu au rapport ou même accusé réception du document – une attitude que Mme May qualifie de « choquante ». « Il y a une longue tradition parlementaire qui veut que les ministres accusent réception d’un rapport et en remercient le commissaire », a affirmé la chef du Parti vert. « Le fait que ce gouvernement continue d’ignorer complètement les résultats de la Commission Cohen est franchement navrant, surtout en raison du coût énorme de ce rapport. La ministre Shea doit agir pour protéger le saumon sauvage avant qu’il ne soit trop tard. »

La Commission estimait que l’augmentation de la température de l’eau dans la rivière Fraser, probablement une conséquence des changements climatiques, avait un effet négatif significatif sur les stocks de saumon rouge. Le rapport insistait également sur la nécessité d’une surveillance accrue de l’industrie locale du saumon d’élevage et recommandait que les piscicultures soient déplacées des zones migratoires du saumon rouge.