Les Mohawks attendent des solutions au déversement de déchets toxiques à Kanesatake

Elizabeth May (Saanich—Gulf Islands)
2022-02-16 18:49

Madame la Présidente, j’interviens ce soir pour revenir sur une question que j’ai posée à la fin de l’année dernière, le 2 décembre 2021, pendant la période de questions. C’est la ministre des Pêches qui avait répondu. L’enjeu sur lequel je reviens ce soir touche plusieurs ministères fédéraux. À la base, il s’agit de racisme environnemental et du déversement illégal de déchets toxiques en territoire mohawk. Je ne peux pas imaginer une communauté non autochtone ou non noire qui permettrait une chose pareille, mais le racisme environnemental est une réalité au Canada. J’espère que mon projet de loi d’initiative parlementaire, le projet de loi C‑226, sera adopté bientôt. Il s’agit d’une mesure non partisane qui obligerait le gouvernement fédéral à adopter une stratégie pour contrer le racisme environnemental, comme l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis le fait depuis plusieurs décennies.

Ma question du 2 décembre fournit un exemple précis. En voici un extrait:
Sur les territoires mohawks de Kanesatake, il y a un dépotoir de déchets toxiques. Des fuites de produits chimiques nocifs se produisent, ce qui a des répercussions sur la faune, la flore et les poissons, entre autres. Ce n’est pas comme si le gouvernement n’avait rien dit à ce sujet.

Le 18 novembre 2020, le gouvernement fédéral a remis au dépotoir en question une directive exigeant le nettoyage du site de déversement des déchets toxiques et la fin de ce déversement. J’ai demandé ce qui suit au gouvernement: « La ministre pourrait-elle faire le point sur les mesures prises pour éliminer le dépotoir de déchets toxiques de Kanesatake? » La ministre des Pêches a répondu. Elle a fourni une bonne réponse, je crois, mais nous n’avions pas les détails. La ministre a dit qu’éliminer les déchets de cette façon constituait un danger pour les gens, les habitats du poisson et les stocks de poisson. Elle a ajouté: « Quiconque enfreindra cette loi devra répondre de ses actes. » Le temps a passé, mais il est clair que le déversement illégal continue.

La Province de Québec a laissé le déversement de déchets toxiques se produire à l’extérieur des limites établies par le permis délivré en 2015 pour un dépotoir de matières recyclables, activité pour laquelle le permis avait été prévu. La Province de Québec avait délivré ce permis à l’entreprise G & R Recyclage en 2015, mais les habitants avaient déjà déposé des plaintes en 2016. L’entreprise a poursuivi ses activités même si les habitants des environs se plaignaient d’émanations nocives et nauséabondes qui les rendaient malades. Puis, en septembre 2020, la Province de Québec a révoqué le permis de l’entreprise. Voici encore une autre preuve de racisme environnemental. Ce n’est que lorsque de la boue noire provenant de ces déchets toxiques s’est mise à infiltrer le sol des terres agricoles des colonisateurs à l’extérieur de la communauté mohawk que les autorités provinciales ont décidé d’agir.

Le gouvernement fédéral examine encore ce dossier, et les données sont ahurissantes. Le site devait être utilisé pour y déverser jusqu’à 27 800 mètres cubes de déchets, mais en il contient maintenant 400 000 mètres cubes. C’est 15 fois la limite qui avait été établie par le permis délivré à l’entreprise. Cela ne devrait jamais être toléré. La communauté de Kanesatake demande que justice soit faite.

Jeremy Tomlinson, chef et ancien enquêteur de la GRC, a déclaré ceci: « Des installations sont construites pour accueillir les déchets et des personnes sont payées pour en disposer de la manière appropriée. Cependant, des individus déversent les déchets chez nous, au lieu d’utiliser les installations prévues à cet effet. Il faut réaliser que des gens construisent des installations sur des terres qu’ils nous ont volées et d’autres déversent des déchets sur les petites parcelles de terre qu’il nous reste. Les gens en ont assez. » J’espère que le débat d’ajournement nous permettra d’examiner certaines solutions pour aider sa communauté.