Elizabeth May fait une déclaration un an après le début de la pandémie de COVID-19

2021-03-11 10:32 [p.4877]

Monsieur le Président, je remercie tous mes collègues qui sont à la Chambre et ceux qui participent comme moi de façon virtuelle.
Aujourd’hui est une journée de commémoration de tous les gens que nous avons perdus au cours de cette année terrible. Il y a maintenant plus de 20 000 Canadiennes et Canadiens qui ont perdu la vie à cause de la COVID-19.

Pour chaque personne, pour chaque famille, nous partageons les mêmes sentiments que tous les autres qui ont déjà parlé ce matin. Je veux dire un grand merci au premier ministre de ses mots, ainsi qu’au chef de l’opposition officielle, au chef du Bloc québécois, le député de Beloeil—Chambly, et au chef du NPD.

Je n’ai pas d’autres réflexions à faire ce matin, sinon de dire que nous sommes tous attristés par l’année pénible que nous venons de traverser. Comme de nombreux députés l’ont souligné, certains ont eu plus de difficultés que d’autres, je pense aux aînés résidant dans les établissements de soins de longue durée, aux personnes marginalisées et aux communautés autochtones, mais il est difficile de nommer tout le monde tant la liste est longue.

Je souhaite parler des premiers mois de la pandémie parce que c’est la période pendant laquelle nous nous sommes montrés sous notre meilleur jour, en mettant de côté la partisanerie. Je me rappelle en effet que, jusqu’en septembre, tous les projets de loi ont été adoptés à l’unanimité. Lors des trois ou quatre premiers mois, plus particulièrement, les fonctionnaires nous appelaient sept jours sur sept pour nous donner de l’information et des mises à jour.

Lorsqu’un député posait une question, nous ne pouvions pas dire s’il s’agissait d’un député du Parti conservateur, du Parti libéral, du Parti vert, du Bloc ou du NPD. Nous posions en effet tous les mêmes questions. Pouvons-nous fournir de l’aide assez rapidement? Pouvons-nous aider la population? Pouvons-nous traiter les coopératives de crédit comme les banques commerciales? Pouvons-nous, s’il vous plaît, faire ces choses?

Je veux lancer un appel, car bien qu’aujourd’hui marque un an depuis le début de la pandémie, il est bien évident que ce n’est pas terminé. Ce n’est qu’en montrant le meilleur de nous-mêmes et en renonçant aux gains politiques que nous pourrons nous en sortir et sauver des vies. Je sais que nous ne pouvons pas nous empêcher d’attaquer le parti d’en face, autant du côté du gouvernement que de l’opposition, mais pensons aux Canadiens, qui déplorent de nous voir essayer d’obtenir des avantages partisans en prévision des prochaines élections. Ils veulent nous voir travailler ensemble, et cela signifie les provinces, le gouvernement fédéral et les partis politiques ici, à Ottawa.

En cherchant des preuves empiriques tout au long de la pandémie, ce que nous faisons en nous intéressant aux données scientifiques et probantes, nous constatons, d’après ce qu’en disent les médias, que ce sont les pays dirigés par des femmes qui s’en sont particulièrement bien sortis.

Je tiens à souligner une dernière chose, non pas pour marquer des points politiques, mais pour faire une observation au sujet de la culture politique. Les pays dirigés par des femmes ont un autre point en commun: ils n’utilisent pas le système majoritaire uninominal à un tour. Notre système électoral encourage les divisions politiques. Selon le système de récompenses et de punitions, on récompense les gens qui se comportent méchamment, qui font usage de politiques tendancieuses et qui sèment la discorde. Ce n’est pas le moment de se comporter ainsi. Même si nous utilisons toujours le système majoritaire uninominal à un tour, j’exhorte les députés à se comporter et à évaluer leur conduite comme si ce n’était pas le cas et à prétendre que nous sommes vraiment capables de collaborer aujourd’hui parce que nous savons que nous pourrons collaborer demain et que cela ne nous nuira pas lors des élections. Peu importe le temps que durera la pandémie, nous devons faire ressortir le meilleur de nous-mêmes, comme nous l’avons fait au début, quand nous avons mis de côté la partisanerie.

J’aime tout le monde individuellement et collectivement. Je suis vraiment sincère. Nous devons agir en collaboration. C’est la seule solution.

Nous sommes maintenant engagés dans une course entre les vaccins et les variants. Bientôt, des gens seront en sécurité parce qu’ils auront été vaccinés, mais il y a encore des gens en danger. La société dans son ensemble reconnaîtra notre capacité à triompher contre l’adversité quand nous nous comporterons comme s’il n’y avait pas de partis à la Chambre. Que Dieu bénisse tous les députés.