Initiatives ministérielles – La prolongation des séances

Elizabeth May: Monsieur le Président, je suis heureuse d’avoir l’occasion d’adresser une question à mon collègue le député de Skeena—Bulkley Valley.

Je tiens à dire devant la Chambre que lorsqu’on a présenté l’an dernier une motion pour prolonger les séances jusqu’à minuit, je n’avais aucune objection. Le travail ne me fait pas peur. Je travaille très fort. Toutefois, j’ai été pratiquement la seule à assister à toutes les séances, jusqu’à minuit. Loin de moi l’idée de dénigrer les députés qui appartiennent à un grand caucus; je sais très bien qu’on nous assigne différentes tâches.

J’ai toutefois été en mesure de constater la futilité de l’exercice. Nous avons passé des heures à discuter de projets de loi qui faisaient l’unanimité, alors que l’on a traité à la va-vite de sujets tels que la FATCA, un dossier que mon collègue et moi-même souhaitons renvoyer au Comité des finances afin d’arriver à des résultats valables, ou le projet de loi omnibus, pour lequel nous savons combien l’étude et les débats ont été insuffisants.

Ce ne sont pas des points mineurs. Les gardiens de sécurité, les traducteurs et le personnel de la Chambre endurent pendant des semaines une situation particulièrement éreintante et je n’arrive pas à trouver le moindre avantage pour la démocratie lorsqu’on impose le prolongement des séances jusqu’à minuit. Nous avons enduré cela l’année dernière et je ne vois pas en quoi cela a amélioré la qualité du travail effectué. À la fin de cette période, les conservateurs faisaient adopter des projets de loi qui n’étaient pas urgents et, s’ils avaient demandé le consentement unanime de la Chambre, ils lui auraient épargné des heures de débat, ainsi que de longues heures de travail aux traducteurs et aux gardiens de sécurité.

Il est assurément choquant, comme le député l’a signalé, que seuls les ministres du Cabinet conservateur soient autorisés à présenter des motions pendant ces séances prolongées.

Le député, qui a beaucoup plus d’expérience que moi à la Chambre, peut-il expliquer quel peut être l’avantage de ceci à part de jouer au plus fort. Ils disent: « Nous allons travailler plus qu’eux. Que cherchez-vous à accomplir? Êtes-vous prêts à partir pour l’été? » Cela ressemble davantage à un exercice sadique qu’à quoi que ce soit d’autre.