Chris Alexander : Monsieur le Président, étant un ancien diplomate professionnel, je peux affirmer à la députée que ce n’est pas le moment d’envoyer des diplomates sur place sans un soutien militaire et pendant que les opérations militaires se poursuivent.
Cependant, afin d’éviter à la députée de devenir le cas aberrant au moment du vote qui aura lieu plus tard aujourd’hui, j’aimerais savoir où elle voit, dans la motion du gouvernement, dans la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations Unies, dans les objectifs visés par les alliés de l’OTAN pour protéger les civils, dans la création d’une zone d’interdiction de vol et dans l’embargo sur les livraisons d’armes, l’intention du gouvernement, de l’opposition officielle ou du Parti libéral de viser un changement de régime?
Elizabeth May : Monsieur le Président, je reconnais que le secrétaire parlementaire a des lettres de créance importantes et assez impressionnantes dans le domaine et je l’en félicite.
Cependant, plusieurs indications témoignant de l’intention de changer le régime sont contenues dans les déclarations entendues aujourd’hui à la Chambre. Des députés du côté ministériel ont déclaré qu’il ne pouvait pas y avoir la paix tant que M. Kadhafi serait présent et que nous ne pouvons pas négocier à moins que M. Kadhafi ne s’en aille.
Selon une nouvelle de la BBC, l’ancien chef de l’armée britannique, lord Dannatt, a déclaré:
La mission prévue dans la résolution UNHCR 1973 est très claire; il s’agit de protéger la population, mais, évidemment, la tâche implicite, et soyons tout à fait ouverts et honnêtes à ce sujet, c’est l’éviction du colonel Kadhafi du pouvoir.
Nous avons entendu des déclarations semblables d’autres représentants au sein de la mission de l’OTAN, particulièrement de la part du président du groupe de contact sur la Libye. À la rencontre de Doha, le secrétaire britannique aux Affaires étrangères, William Hague, a déclaré:
Les participants demeurent unis et fermes dans leur détermination. Kadhafi et son régime ont perdu toute légitimité et Kadhafi doit quitter le pouvoir et laisser le peuple libyen décider de son propre avenir.
Il y a amplement d’indications démontrant que la mission a changé d’objectif. En fait, je mentionne au député que, si ce n’était de la modification de la mission originale qui consistait à protéger les civils, nous n’aurions peut-être pas perdu, aux Nations Unies, le soutien de la Chine et de la Russie en faveur d’un effort semblable en Syrie pour protéger des vies.