Loi sur la protection des Canadiens contre la cybercriminalité (le projet C-13)

Françoise Boivin : Monsieur le Président, je remercie ma collègue de son discours, éloquent comme d’habitude.

Je voudrais lui lire le passage d’un article que j’ai trouvé très intéressant ce matin dans le Global News, intitulé:

« Why anti-revenge porn pioneer doesn’t like Canada’s cyberbullying law. »

C’est écrit par quelqu’un qui, normalement, appuierait le genre de démarche que le gouvernement s’apprête à faire.

« Mary Anne Franks s’est fait remarquer en s’attaquant à la pornovengeance, c’est-à-dire la diffusion de photos intimes d’une femme — puisqu’il s’agit presque toujours d’une femme —, sans sa permission, souvent par un ancien partenaire. »

J’ai trouvé cela fort intéressant, et j’aimerais connaître l’avis de ma collègue. Mme Franks dit ceci: « Je ne crois pas que ce soit en s’immisçant dans la vie privée des gens qu’on réussira à la protéger. »

La députée pourrait-elle me dire ce qu’elle en pense?

Elizabeth May: Monsieur le Président, je remercie la députée de Gatineau. Comme d’habitude, je pense qu’elle a raison. C’est une citation vraiment intéressante. Je suis absolument d’accord.

Ils ne protégeront jamais la vie privée en portant atteinte à celle-ci. Ils n’arriveront jamais à améliorer le maintien de l’ordre en envoyant plus de gens en prison. Ils devraient plutôt créer des conditions qui, en premier lieu, permettent de prévenir la criminalité.

Nous devons vraiment réfléchir aux mesures législatives qui sont adoptées dans cette enceinte afin de veiller à ce que les droits et les libertés des Canadiens ne soient pas constamment bafoués au profit de messages et de slogans destinés à être utilisés lors des prochaines élections.