Le bilinguisme dans le processus législatif du Canada

Elizabeth May : Monsieur le Président, je vais peser mes mots. Je considère le député de Mississauga—Streetsville comme un ami et je sais qu’il est une bonne personne. Néanmoins, il m’apparaît incompréhensible qu’il ait fait de telles déclarations. Je félicite l’opposition officielle d’avoir soulevé cette question et je remercie le Président de nous donner l’occasion de l’examiner de plus près.

Puisque je n’aurai probablement pas droit de parole au comité, j’aimerais proposer une autre explication et j’espère que mes amis et collègues regarderont vers le Cabinet du premier ministre, qui rédige tous les discours des députés conservateurs.

Soit dit en passant, je ne crois pas que Bev Oda ait menti. Du moins, je ne crois pas qu’elle ait menti lorsqu’elle a affirmé, au départ, ne pas avoir ajouté le mot « not » dans le document. Je peux la nommer par son nom puisqu’elle ne siège plus ici. D’après la chronologie des événements, il est clair qu’elle a d’abord signé le document pour approuver le financement à KAIROS, mais que le Cabinet du premier ministre lui a dit après les faits qu’elle n’était pas autorisée à le faire sous prétexte que l’organisme n’était pas dans les bonnes grâces du gouvernement. Le Cabinet du premier ministre a ensuite ajouté le mot « not », et la ministre en a pris la responsabilité. À mon avis, c’est ce qui s’est passé. C’est ce qui me semble être le plus plausible.

Dans la présente affaire, d’après ce que j’ai observé et en toute objectivité, je crois qu’un discours présentant des faits déformés a été remis à un député, qui l’a ensuite lu, mais qui s’est rendu compte après coup qu’il ne pouvait assumer le fait d’avoir affirmé quelque chose dont il n’a jamais été témoin.

J’espère que, lorsque le comité sera saisi de cette affaire, il tâchera de découvrir la vérité et ne se contentera pas de détruire la réputation d’un député. Comme je l’ai dit, je sais que le député est une bonne personne.