Elizabeth May : Madame la Présidente, dans notre étude du projet de loi C-26, de nombreux députés sont conscients du fait que les causes difficiles donnent lieu à de mauvaises lois. Citons notamment l’affaire de David Chen et du magasin Lucky Moose. Nous aurions souhaité que les policiers sur place fassent preuve de bon sens et de discrétion en ne poursuivant pas l’individu en justice. Beaucoup d’entre nous craignent que cette mesure législative fasse augmenter les blessures, voire les décès, car les gens tenteront de se faire justice eux-mêmes puisque la Chambre, avec le projet de loi C-26, leur donnera l’impression de pouvoir le faire.
Puisque je suis la seule députée qui prévoit voter contre, ce projet de loi sera inévitablement adopté. Je demande à mon ami s’il croit que la Chambre pourrait, d’une façon ou d’une autre, faire comprendre aux Canadiens qu’ils devraient éviter de se faire justice eux-mêmes.
Sean Casey : Madame la Présidente, c’est une question difficile puisque nous, en tant que législateurs, sommes en train d’élargir les droits relatifs à l’arrestation par des citoyens. Nous, les législateurs, débattons du projet de loi et faisons part de nos préoccupations à son sujet, mais ce qui reste gravé dans l’esprit des citoyens, c’est ce qu’ils lisent dans les médias.
Nous, les législateurs, faisons ce que nous pouvons aujourd’hui, dans la mesure de nos moyens, mais il est très difficile de contrôler le message. Comme le souligne la députée, certains membres de la société estimeront avoir plus de pouvoirs en raison de ces notions élargies. Comme elle l’a indiqué, les causes difficiles donnent lieu à de mauvaises lois. Il y aura sans aucun doute des causes où l’on invoquera le droit élargi à la légitime défense ou à la défense des biens pour justifier des actes inappropriés.
J’espère bien que la couverture médiatique entourant ces causes difficiles éclairera le jugement des Canadiens. Je pense qu’il est plus probable que les médias influencent l’opinion publique que les débats que nous, législateurs, tenons ici puisque ces derniers sont parfois, par nécessité, plus théoriques que pratiques.