Le discours d’Elizabeth May sur les événements climatiques catastrophiques en Colombie-Britannique

Monsieur le Président, c’est un grand honneur d’être la première députée à prendre la parole ce soir pour parler de cette question si importante et primordiale.

J’aimerais d’abord souligner que nous sommes réunis sur le territoire non cédé du peuple algonquin anishinabe.

À mon avis, il est évident que nous vivons une situation d’urgence climatique. Je viens de participer à la 26e Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, à Glasgow. C’est la douzième fois que j’y participe, et la situation est maintenant plus grave que la première fois.

Je suis désespérément inquiète de constater que les changements climatiques s’aggravent plus vite que le gouvernement ne prend des mesures pour maîtriser la situation. J’aimerais aborder ce problème en étant pleinement consciente du temps qui m’est alloué. Je prends au sérieux les observations faites plus tôt aujourd’hui par mon ami et collègue le député d’Abbotsford, qui souhaitait aussi la tenue d’un débat d’urgence. Nous voulons nous pencher sur ce qui vient de survenir chez nous, en Colombie-Britannique. Cependant, il faut tenir compte du contexte actuel, car le fait de mettre en place des mesures sans tenir compte des causes fondamentales de cette catastrophe ne fera qu’empirer les choses. Nous devons absolument nous attaquer aux causes fondamentales de cette situation et prendre les mesures appropriées.

Sous réserve de l’indulgence du Président, j’aimerais commencer par le contexte mondial pour ensuite aborder le contexte national et finalement mettre surtout l’accent sur les aspects provinciaux et locaux et ce que nous devons faire maintenant. Ce soir, j’espère que nous ferons front commun pour examiner la problématique, tous les députés des cinq partis confondus, de manière à ce que nous donnions le meilleur de nous-mêmes en misant sur le fait que nous avons plus de points en commun que de différences.

Je regarde le député de Mission—Matsqui—Fraser Canyon, de l’autre côté de la Chambre. Il a mentionné plus tôt que Lytton, une ville de sa circonscription, a été rasée par les flammes en 15 minutes cet été. Selon moi, il ne faut pas seulement considérer les inondations qui viennent de se produire. De nombreux incidents ont frappé à maintes reprises les mêmes collectivités, en particulier des communautés autochtones, après que la Chambre a ajourné, de la fin juin à la reprise des travaux, lundi.
Nous devons reconnaître qu’il y a urgence climatique, comme l’a fait la Chambre le 17 juin 2019. Certains d’entre nous occupaient leurs sièges à ce moment-là. Au moyen d’une motion présentée par l’ancienne ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, la Chambre a décidé d’affirmer qu’il y a bel et bien une urgence climatique dont il faut tenir compte. Rien n’a changé cependant. Nous n’agissons pas comme si nous étions en situation d’urgence.

La grande entreprise scientifique qu’est le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, ou GIEC, a produit des études très claires. D’ailleurs, en octobre 2018, le rapport sur la question du 1,5 degré Celsius était lancé. Les nouvelles étaient tellement affreuses que le GIEC disait qu’on devait agir immédiatement. Or trois ans ont maintenant passé, et la situation est pire qu’en octobre 2018.

Le rapport d’urgence du GIEC sur la limite de 1,5 degré Celsius, qui constitue la cible de l’Accord de Paris, alerte que nous courons véritablement le risque de rater cette cible. Il ne s’agit pas d’une cible politique. Si l’on a demandé au GIEC de rédiger ce rapport, c’est pour informer les décideurs, les politiciens et les chefs de gouvernement du monde entier de la différence entre une augmentation de la température mondiale moyenne de 2 degrés Celsius et une autre de 1,5 degré Celsius. Je n’énoncerai pas tous les détails de ce rapport. Mon temps de parole ne me le permettrait pas. Néanmoins, comme une cheffe de gouvernement, la première ministre de la Barbade, l’a affirmé il y a quelques jours à Glasgow, une augmentation de 2 degrés Celsius équivaut à une peine de mort pour nous; la limite pour notre survie se situe à 1,5 degré Celsius.

Pour la transcription complète: https://www.ourcommons.ca/PublicationSearch/en/?View=D&Item&ParlSes=44-1&oob&Topic&Proc&Per=2897&Prov&Cauc&Text&RPP=15&order&targetLang&SBS=0&MRR=150000&Page=1&PubType=37