Hon. Jack Layton

Elizabeth May : Monsieur le Président, c’est avec grande tristesse, comme les autres chefs, que je prends la parole. Moi aussi, je connaissais Jack depuis fort longtemps. L’été a été très dur pour un grand nombre d’entre nous.

Je veux offrir mes sincères condoléances à tous les gens du caucus de Jack et particulièrement à sa femme, l’honorable députée de Trinity—Spadina. Elle est une femme extraordinaire, avec un courage sans pareil.

Je souligne également que la dernière fois que bon nombre d’entre nous nous sommes vus, ce n’était pas ici, mais au Roy Thomson Hall, pour les funérailles d’État. Je tiens à remercier le premier ministre pour la générosité dont il a fait preuve en nous donnant la possibilité de souligner collectivement la perte d’un grand Canadien.

C’était, dans le bon sens du mot, moins des funérailles qu’une célébration de la vie. J’ose croire qu’en célébrant ensemble, nous avons vécu, au-delà de la partisanerie, un pur moment d’humanité. Nous avons vécu ensemble la perte d’un ami et d’un collègue. Nous avons aussi vu – et nous devrons toujours nous en souvenir – qu’au fond nous sommes tous des Canadiens, que nous aimons tous notre pays et qu’il est dans notre intérêt de ne pas l’oublier.

En fin de compte, nous sommes tous des êtres humains. Tous, nous naissons et nous mourons et notre vie se mesure à ce que nous faisons dans l’intervalle, si court soit-il. Jack a beaucoup accompli durant le temps qui lui a été imparti. Certains d’entre nous meurent presque anonymement, comme les femmes autochtones que nous rappellent la vigile à l’extérieure et la marche pour la justice. Cependant, Jack est parti au summum de sa puissance. Il est décédé au moment où il avait atteint un objectif qu’il convoitait depuis si longtemps que sa disparition nous a laissé le cœur brisé. Il a travaillé si fort. Il a mené, comme nombre de mes collègues l’ont mentionné, une campagne électorale, une activité qui est toujours éreintante, alors qu’il luttait contre une grave maladie, plus grave que le pensaient nombre d’entre nous.

Cela évoque d’autres paroles du poète gallois cité par mon ami, le chef du Parti libéral. Ils sont de Dylan Thomas, qui dit comment nous sommes confrontés à la mort et comment nous ne devons pas la laisser nous intimider, comment nous devons l’affronter résolument. Jack Layton a combattu avec une vigueur comme je n’en ai mais vue. Jusqu’à son dernier souffle, il s’est efforcé de mener son parti là où il savait pouvoir le conduire. Il a tant donné.

En terminant, je vais aussi citer Dylan Thomas, qui a écrit:

N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit.

Rager, s’enrager contre la mort de la lumière.

C’est en mourant, je pense, que Jack a vu le plus clairement la lumière puis l’a saisie.