Questions Orales (Right Hon. Herb Gray)

Elizabeth May : Monsieur le Président, c’est un grand honneur pour moi aujourd’hui de prendre la parole pour ajouter quelques mots en hommage à M. Herb Gray.

J’ai eu le très grand honneur de connaître Herb Gray et de travailler avec lui avant d’entreprendre une carrière en politique. Nombre de mes collègues ne le savent pas, mais en tant que vice-premier ministre, Herb Gray a joué un rôle clé dans le maintien du protocole de Kyoto lorsque George Bush est devenu président des États-Unis.

À l’automne 2000, les négociations à La Haye ont été interrompues. Les élections américaines étaient incertaines et personne ne savait qui allait diriger les États-Unis. Les négociations ont repris à l’été 2001.

Le ministre de l’Environnement de l’époque, David Anderson, avait fait une chute et ne pouvait y participer en raison d’une grave blessure. Le vice-premier ministre s’est lui-même rendu à La Haye pour négocier au nom du Canada, ce qui montre à quel point la question était prioritaire et le gouvernement de l’époque prenait la situation au sérieux.

Pour récompenser Herb Gray de ses efforts — et ils ont été extraordinaires —, l’organisation pour laquelle je travaillais à l’époque, le Sierra Club du Canada, lui avait décerné la plus haute distinction pour un membre de la sphère publique ayant contribué à la protection de l’environnement. En passant, monsieur le Président, le prix porte le nom de votre prédécesseur, John Fraser. C’était le Prix John Fraser d’excellence en environnement.

Nous avons eu un magnifique souper en l’honneur d’Herb Gray. Il a prononcé un discours sage et humoristique. Lorsqu’il a quitté le Parlement, en 2002, et a été nommé commissaire de la Section canadienne de la Commission mixte internationale — un autre poste lié à l’environnement —, je lui ai souvent rendu visite dans son bureau pour discuter de la question des Grands Lacs.

Il me montrait toujours son mur et me disait: « J’ai reçu de nombreux prix pour mon travail dans la vie publique, mais tu remarqueras, Elizabeth, qu’il y en a seulement deux dans mon bureau »: la citation « Le très honorable Herb Gray », si rarement attribuée à d’autres que les premiers ministres du Canada, et l’oeuvre originale de Robert Bateman avec le Prix John Fraser d’excellence en environnement. Il m’a dit: « Je suis plus fier de ce prix et de mes réalisations en matière de changements climatiques que de toute autre réalisation dans ma vie publique, parce que mes petits-enfants m’ont remercié pour mon travail. »

Herb Gray va me manquer. Il a servi son pays, mais, si les députés ne le savent pas, il a aussi servi la planète.