Loi visant à empêcher les passeurs d’utiliser abusivement le système d’immigration canadien

Elizabeth May : Monsieur le Président, je veux poser une question à mon collègue au sujet de la réaction des Canadiens face aux réfugiés au Canada.

Je me souviens d’une situation, il y a peut-être 10 ans, où un bateau de réfugiés est arrivé sur la côte de la Nouvelle-Écosse. Beaucoup de personnes du village, près de la petite ville de Chester, je pense, venaient sur la plage pour donner du thé chaud et des manteaux afin d’aider les gens arrivés sans vêtement ou nourriture. C’était une réaction vraiment canadienne. Cependant, dans le cas du MV Sun Sea, il y a une réaction un peu différente de la part des Canadiens quand les ministres de l’Immigration et de la Justice ont dit qu’il y avait peut-être des terroristes à bord du bateau.

Je suis un peu inquiète. Quelle est la réaction envers les réfugiés légitimes qui seront, avec ce projet de loi, placés en détention pour une année avec leur famille? Où est la réponse axée sur la générosité des Canadiens? Je pense que c’est la vraie réponse des Canadiens en ce qui concerne les jeunes menacés par des peines politiques dans leur pays.

André Bellavance : Monsieur le Président, je remercie la députée de sa question.

C’est là tout le problème. Les valeurs de ce gouvernement conservateur ne représentent pas — on le dit depuis toujours — les valeurs québécoises, mais aussi dans bien des cas les valeurs canadiennes. Elle donne un exemple où les gens, la population en général, ont accueilli les réfugiés de façon très humaine. C’est ce qu’elle a décrit. Ce n’est pas l’image que va renvoyer le gouvernement du Canada à l’ensemble du monde avec ce projet de loi C-4.

Je me rappelle aussi, lorsque j’étais plus jeune, de ceux qu’on appelait les boat people. C’était des gens qui arrivaient du Vietnam. Il y en a eu dans mon école et dans ma classe, à Victoriaville. Ils venaient du Vietnam et se sont intégrés. C’étaient des réfugiés. Je ne pense pas que la solution ou la façon d’accueillir ces gens à l’époque aurait été de les prendre et de les mettre en prison parce qu’ils sont arrivés en groupe et de les considérer tout de suite, de façon arbitraire, comme des criminels. Ce n’est pas la façon de faire les choses. Évidemment, on veut éviter qu’il y ait des gens de groupes terroristes ou des criminels qui débarquent ici et fassent croire qu’ils sont réfugiés. Il y a à peu près 2 p. 100 des cas où cela arrive. Il y a des pistes de solution à apporter pour éviter bien sûr le plus possible qu’il y ait de tels groupes criminels qui entrent au Canada, mais la grande majorité du temps, ce sont de véritables réfugiés. Il faut bien les accueillir.