Loi visant à protéger le système d’immigration du Canada (loi C-31)

Charlie Angus : Monsieur le Président, j’ai écouté la députée avec grand intérêt. Je suis très préoccupé par la tendance qui se dessine chez les conservateurs. Ils parlent d’immigrants clandestins pour désigner des personnes qui viennent au pays en tant que réfugiés. À les entendre, on dirait que les conservateurs considèrent que ces gens sont tous des criminels, tous coupables, qu’ils ont tous des idées derrière la tête, et qu’il faut donc les détenir, les gérer et les séparer.

Nous voyons la situation en Europe, où des familles avec des enfants sont placées dans des centres de détention, qui sont en fait des camps de prisonniers pour les enfants. Les députés ont parlé de la situation en Australie, où des familles qui fuient des conditions dangereuses sont traitées comme des criminels et placées dans des centres de détention, sans même qu’on suive une procédure appropriée pour évaluer leur situation de façon équitable et pour déterminer s’il s’agit de véritables réfugiés ou de personnes dont l’arrivée au pays n’est pas justifiée.

La députée est-elle préoccupée par cette attaque idéologique qui ressemble beaucoup à ce qu’on voit dans bien d’autres pays ayant adopté la même approche?

Elizabeth May : Monsieur le Président, il semble en effet que cette mesure législative ait été conçue aux fins de relations publiques. En tant que Britanno-Colombienne, je connais les effets provoqués par l’arrivée du Sun Sea sur nos rives. On craignait beaucoup l’arrivée de ces personnes au pays. La première réaction des députés conservateurs fut de déclarer que des terroristes pourraient se trouver à bord de ce bateau. Après avoir passé au crible les nombreuses personnes qui avaient subi un voyage misérable, parcourant l’océan à bord d’un rafiot dangereux, rongé par la rouille, pour se rendre au Canada, et qui avaient été détenues et contrôlées minutieusement, sans que ce projet de loi ait été adopté, on a finalement déterminé que ce bateau n’avait pas de criminels et de terroristes à son bord.

Peu de bateaux sont arrivés depuis. Par conséquent, je crois que ce projet de loi est présenté surtout aux fins de relations publiques.

La situation des réfugiés et des immigrants est problématique. Nous devons pallier le déclin des effectifs de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié pour que les demandes soient traitées plus rapidement, et que les familles puissent être réunies au Canada.