Harold Albrecht : Monsieur le Président, j’ai moi aussi écouté avec intérêt les observations de ma collègue. Je déplore cependant le fait que des députés aient utilisé certaines expressions lors de leurs interventions. Elle a utilisé le terme « prison ». Quant à mon collègue d’en face, il a parlé de « camps de prisonniers » et affirmé que ces gens sont « traités comme des criminels ». C’est tout à fait faux. Nous tentons simplement d’établir l’identité des personnes qui arrivent au pays.
Ne pense-t-elle pas qu’il est important de savoir si ceux qui cherchent à obtenir la protection du Canada sont en fait des terroristes ou s’ils ont participé à des activités criminelles dans leur pays d’origine? Est-ce trop demander quand on cherche à assurer la sécurité des Canadiens?
Elizabeth May : Monsieur le Président, je sais que le député de Kitchener—Conestoga est un homme de foi plein de compassion. Je l’invite à réfléchir à la possibilité qu’il s’agisse bel et bien de prisons. Nous n’avons pas encore de centres de détention. Certains passagers du Sun Sea se sont retrouvés en prison. C’est un fait. Par conséquent, qu’allons-nous faire de tous ces gens?
Je souscris entièrement à ses propos. Nous devons savoir qui arrive au Canada. Nous devons établir l’identité de ces gens. Cela dit, on peut le faire sans considérer d’office que tout le monde a commis un acte répréhensible.
Par exemple, selon cette mesure législative, toutes les personnes qui arriveraient par bateau seraient automatiquement détenues. Si elles arrivaient par avion, elles ne le seraient pas. Je ne comprends pas pourquoi on suppose que seules les personnes dangereuses arrivent par bateau. Si des gens arrivent à un passage frontalier en voiture et affirment qu’ils sont des réfugiés politiques, ils sont traitées différemment.
Dans sa mesure législative, le gouvernement traite différemment les réfugiés politiques, selon la façon dont ils arrivent au pays.
Je n’y vois qu’une stratégie de relations publiques; on commence par dire que si une personne arrive par bateau, on considérera qu’elle est arrivée par des moyens irréguliers. Même si ne parle pas de prison, de pénitencier ou d’incarcération, il reste que les centres de détention prévus par le projet de loi pourraient bien être des prisons de comté.