Les verts : plus de trains, pas moins

Le Parti vert du Canada dénonçait aujourd’hui les plus récentes compressions visant Via Rail, qui entraîneront une réduction du service offert dans l’ensemble du Canada et la mise à pied de 200 employés. « Nous devrions investir dans notre service ferroviaire, aussi bien le service voyageur que le transport de marchandises, mais au lieu de cela, nous sommes lancés sur la mauvaise voie », a dit la chef des verts et députée de Saanich—Gulf Islands, Elizabeth May.

« Ces compressions, qui frappent au cœur de notre infrastructure nationale, auront des conséquences économiques graves; pour la seule industrie du tourisme, le Canada sera perdant sur toute la ligne. La réduction du service passager entraînera automatiquement une baisse d’achalandage. Certaines collectivités seront isolées et les personnes âgées pourraient être les premières à vivre un sédentarisme forcé, puisqu’elles devront se tourner vers les transporteurs aériens ou les autoroutes. Ce n’est pas ce que j’appelle une vision d’avenir », a déploré May.

Les compressions chez Via Rail s’inscrivent dans la foulée de compressions majeures dans les services publics, dont la plus récente visant l’abolition de 1000 emplois du secteur public.

Le Canada est le seul pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sans stratégie de transport nationale. Tandis que les Européens ont des pôles d’échange intermodaux hautement sophistiqués, des liaisons ferroviaires à grande vitesse entre les grandes villes et les principaux aéroports, des pistes cyclables sécuritaires, efficaces et libres de pollution, des tramways dans les centres-villes et un service de train et d’autocar dans les régions rurales, les collectivités canadiennes sont de plus en plus isolées.

Pour la majeure partie du territoire canadien, les liaisons ferroviaires qui transportaient jadis des milliers de personnes tombent aujourd’hui en décrépitude. Les principaux axes ferroviaires – Edmonton-Calgary, Saskatoon-Regina et Halifax-Sydney – ont tous été éliminés en dépit de leur rentabilité.

« En effet, notre réseau ferroviaire a besoin de faire peau neuve, c’est pourquoi il faudrait plutôt chercher à améliorer l’efficacité des services voyageurs et le transport des marchandises, augmenter le nombre de trains de banlieue et transférer le fret des autoroutes aux trains de marchandises. Nous sommes en train de dérailler! Au lieu d’améliorer la situation, nous perdons peu à peu notre infrastructure ferroviaire, au grand détriment du Canada », a dénoncé May.