Motion d’ajournement – les affaires étrangères

Elizabeth May : Monsieur le Président, je suis heureuse que le secrétaire parlementaire croie qu’il y a un problème, mais je suis très étonnée qu’il puisse prétendre qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter quand Sinopec, la CNOOC et PetroChina achètent de l’Iran en même temps qu’ils investissent au Canada, en utilisant les mêmes filiales et les mêmes budgets.

Dans le secteur nucléaire, on vient d’approuver la vente de concentré d’uranium de la Saskatchewan à la Chine, sur la base de dispositions qui, d’après les États-Unis, ne répondent pas vraiment aux exigences du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. Les nouvelles règles ne permettent pas de faire un suivi adéquat des ventes de concentré d’uranium. Par conséquent, en plus de faire affaire avec des entreprises qui achètent du pétrole iranien et soutiennent ce régime, puisque la Chine soutient la Syrie, nous pourrions nous retrouver dans une situation où le concentré d’uranium du Canada finit par aboutir dans le programme nucléaire de la Chine ou même dans celui de l’Iran. Nous ne pouvons pas faire le suivi de ces ventes.

Nous avons créé ce vide sans vraiment y porter attention. En 2009, quand nous avons modifié la Loi sur Investissement Canada, nous aurions dû faire ce que les experts recommandaient et ajouter une disposition prévoyant des vérifications de sécurité nationale. Nous n’avons aucune protection. Nous ne sommes pas vigilants.

Deepak Obhrai : Monsieur le Président, d’abord et avant tout, je tiens à dire très clairement à la députée que, tout comme elle, nous nous inquiétons de la situation en Iran. Toutefois, nous avons choisi de travailler de concert avec nos alliés. Nous savons bien sûr que la Chine est l’un des plus gros importateurs de produits iraniens, et ce, depuis bien avant l’application des sanctions. Tous exerceront donc des pressions diplomatiques sur la Chine pour qu’elle réduise ses importations de pétrole.

La députée ne cesse de parler de la Chine — l’Inde réduit elle aussi ses importations de la Chine. Ensemble, les alliés déploient des efforts diplomatiques pour que la Chine et les autres pays qui importent du pétrole iranien se joignent au débat sur l’armement nucléaire.

À l’heure où on se parle, l’organisation de la deuxième conférence va bon train, et les cinq pays, y compris la Chine, y discuteront avec les Iraniens de leurs activités nucléaires.