Motion d’ajournement – L’environnement

Elizabeth May : Monsieur le Président, je suis stupéfaite de constater que la secrétaire parlementaire croit que la déclaration commune des scientifiques qui se sont réunis au Canada dans le cadre d’une conférence lancée par l’ancien premier ministre, Brian Mulroney, est exagérée.

Lorsqu’on considère les déclarations récentes du ministre des Ressources naturelles, qui a dit que « le fait de mettre fin à l’utilisation des combustibles fossiles aurait de graves conséquences, voire des conséquences catastrophiques, sur l’économie mondiale et la société », on peut se demander s’il a pris connaissance des données scientifiques existantes ou s’il les comprend.

Il cite souvent l’Agence internationale de l’énergie, en fait, le même paragraphe que je viens tout juste de citer, mais il ne cite jamais ce qui suit. Je me demande si la secrétaire parlementaire pense que c’est de l’exagération. Le ministre des Ressources naturelles ne cesse de citer le même rapport lorsqu’il prétend que les combustibles seront utilisés à très long terme:

La population mondiale ne doit pas consommer plus du tiers des réserves prouvées de combustibles fossiles d’ici 2050 afin de s’en tenir à l’objectif de 2 °C.

C’est la cible du gouvernement: éviter une hausse de 2 °C.

Les spécialistes internationaux et l’Agence internationale de l’énergie ont dit sans équivoque que les deux tiers des réserves connues doivent demeurer enfouies. Ce n’est pas de l’exagération. Ce sont les faits.

Michelle Rempel : Monsieur le Président, ma collègue d’en face ne s’est pas rétractée après avoir comparé le Canada à la Corée du Nord. Ses paroles sont inacceptables et irrespectueuses dans le cadre du débat que nous avons sur les changements climatiques au pays.

En fait, le Canada est le premier pays à avoir interdit catégoriquement la production d’électricité au moyen de centrales au charbon traditionnelles. Nous devrions tous être fiers de cette décision.

Nous avons présenté des règlements sur les voitures de tourisme qui permettront de réduire concrètement les émissions de gaz à effet de serre.

Le gouvernement travaille avec le secteur pétrolier et gazier afin que nous puissions disposer des règlements nécessaires pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans ce secteur, tout en veillant à ce que cet important moteur économique de notre pays continue de croître et à ce que tous les Canadiens puissent trouver du travail.

Je n’ai pas entendu la députée dire une seule fois qu’il est nécessaire de trouver un juste équilibre entre croissance économique et saine gestion de l’environnement. Pour ma part, je pense que les Canadiens pourront y arriver.

Nous pouvons discuter des changements climatiques et de l’idée de passer graduellement à une économie à faible émission de carbone. Nous devrions toutefois débattre de ces questions en évitant de comparer notre pays à la Corée du Nord.