Elizabeth May : Monsieur le Président, c’est toujours un moment pénible lorsqu’on impose l’attribution de temps à la Chambre. Cela arrive très fréquemment, nous le savons maintenant. C’est la 69e fois. Autrefois, on recourait très rarement à cette mesure. Lorsqu’il y a débat sur une motion d’attribution de temps, nous finissons par parler du fond du projet de loi en cause. Le ministre de l’Agriculture est un homme très honorable, et je trouve la situation difficile, car je ne suis pas convaincue que ce soit son idée de précipiter l’étude du projet de loi sans nous donner assez de temps. Lorsqu’il y a attribution de temps, il est inévitable que les députés comme moi qui représentent un petit parti – et je conviens que le Parti vert, fort de deux députés, est un très petit parti – et d’autres députés ne puissent pas se faire entendre. Le débat sur le projet de loi ne durera pas assez pour que nous puissions intervenir.
J’ai été inondée par les messages des agriculteurs qui craignent de perdre la protection de leurs obtentions végétales. Il nous faut assez de temps pour étudier la mesure proposée. Je ne crois pas que ce soit l’idée du ministre de nous refuser le temps nécessaire à cette étude. Puisque nous en sommes à 69 attributions de temps, on ne dirait pas que les ministres prennent leurs décisions en toute indépendance. Ce serait plutôt le bulldozer du Cabinet du premier ministre qui est à l’œuvre. Le ministre envisagerait-il de modifier le cours de l’étude du projet de loi pour que nous ayons assez de temps pour en débattre et que tous les députés puissent se faire entendre?
Gerry Ritz : Monsieur le Président, j’ai écouté les propos de la chef du Parti vert, mais ce qui est regrettable c’est que, si elle examine toutes les interventions qu’elle a reçues, elle constatera qu’il s’agit de lettres-types utilisées par des gens qu’on a désinformés et à qui on a fait croire des mythes. Tout cela est l’œuvre délibérée d’un petit groupe de producteurs agricoles dissidents.
En fin de compte, le projet de loi est un renfort pour la production biologique. Il fait en sorte que ces producteurs puissent obtenir les nouvelles variétés dont ils ont besoin pour progresser, pour obtenir les rendements nécessaires à la rentabilisation de leur activité. Par conséquent, peu importe qu’il y ait cinq heures de débat ou 50, il demeure que la vaste majorité des agriculteurs, dans cette démocratie qu’est le Canada, souhaitent obtenir cette mesure le plus rapidement possible. Réglons la question et donnons-leur ce qu’ils réclament.