Loi sur la croissance économique et la prospérité — Canada-Corée (le projet de loi C-41)

Nathan Cullen : Monsieur le Président, je tiens à insister sur un élément dont la députée de Saanich—Gulf Islands a parlé concernant l’industrie automobile, et je ferai le point sur la situation actuelle. J’espère qu’elle sera en mesure de formuler des recommandations.

À l’heure actuelle, le Canada impose des droits de douane de 6 % aux constructeurs d’automobiles coréens qui veulent avoir accès au marché canadien. La Corée, pour sa part, impose des droits de douane de 8 %.

Les constructeurs coréens fabriquent des automobiles aux États-Unis et au Mexique. C’est ainsi qu’ils ont pu faire entrer leurs produits sur le marché canadien sans avoir à payer des droits de douane. Ils ne fabriquent aucune automobile au Canada en ce moment.

À mon avis, il s’agit là d’un autre problème qui mine nos échanges commerciaux. Quelles mesures la députée prendrait-elle avant que l’accord soit ratifié pour inciter un gouvernement plus progressiste à encourager certains de ces constructeurs à venir fabriquer des automobiles ici, comme ils le font actuellement aux États-Unis et au Mexique, évitant du coup de payer les droits de douane que nous imposons à l’heure actuelle?

Elizabeth May : Monsieur le Président, je crois que nous devons conclure des accords commerciaux qui comprennent des mesures ciblées pour protéger et faire croître les secteurs canadiens, et qui nous permettent de faire construire des véhicules coréens au Canada, comme le propose mon collègue. Par conséquent, la réduction des droits de douane devrait s’accompagner de cibles mesurables pour réduire les inégalités commerciales bilatérales dans certains secteurs stratégiques, y compris le secteur de l’automobile.

Il serait certainement utile de créer une zone libre de droits de douane si nous mettions en place des mesures obligeant les grandes sociétés coréennes à commencer à construire au Canada. À l’instar du gouvernement coréen, qui a conservé la capacité d’intervenir sur ses marchés, le Canada devrait pouvoir continuer de faire des interventions visant à atténuer les effets négatifs des déséquilibres commerciaux. Cet accord ne le permettrait pas, mais comme je l’ai dit, même le PDG de Ford était d’avis que nous devrions le faire. L’accord commercial devrait prévoir des dispositions à l’égard du mauvais alignement des devises.