Loi visant à combattre la corruption transnationale (le projet de loi S-14)

Elizabeth May : Monsieur le Président, je me demande si le député pourrait répondre à la question que j’ai posée plus tôt au secrétaire parlementaire.

Je crois que nous constatons un problème généralisé. Jamais je n’aurais pensé voir le jour où, par exemple, des universitaires falsifieraient leurs recherches pour obtenir des subventions. À une certaine époque, on disait « ma bonne réputation est tout ce que j’ai ». Cette mentalité se perd. C’est ce que les gens disaient du temps de mon grand-père. Ça voulait dire quelque chose auparavant.

Les célébrités semblent penser que tout ce qui importe, c’est de faire parler d’elles dans les médias, peu importe si les histoires racontées sur elles sont bonnes ou mauvaises. La norme que nous établissons pour nous-mêmes est en chute libre. Cela ne fait aucun doute.

Le ministre a réagi comme si le député d’Ottawa-Centre avait dit quelque chose de scandaleux. Les analogies, l’ironie et les métaphores sont admises, même ici.

Ma question au député est la suivante: que ferait-il et que feraient l’ensemble des Canadiens pour avoir la certitude, quand nous nous regardons dans le miroir, que le Canada est bien le pays à l’éthique rigoureuse que nous pensons qu’il est? Comment pouvons-nous nous débarrasser de la corruption, qui semble augmenter au Canada?

Paul Dewar : Monsieur le Président, j’aimerais revenir sur deux aspects de la question posée par la députée. Le premier concerne les gestes que nous pouvons poser à l’échelle nationale. De toute évidence, en tant que politiciens, nous devons adopter des normes beaucoup plus strictes en matière d’éthique. Nous devons aussi voir à ce que les personnes à qui nous confions des postes importants respectent ces normes.

Par exemple, quand Arthur Porter a été nommé, il avait essentiellement pour mandat de superviser la sécurité nationale et de voir à ce que la reddition de comptes requise soit en place. Comme on le sait, il est actuellement en prison au Panama. C’est une situation qu’on aurait pu éviter. Les députés de ce côté-ci de la Chambre croient qu’il serait bon qu’une commission des nominations publiques évalue les nominations à des postes de hauts fonctionnaires.

Les conservateurs font preuve d’un entêtement remarquable dans ce dossier. Ils préfèrent ne pas en parler. Ils considéraient que le candidat de leur choix, Gwyn Morgan, était tout à fait objectif et dénué de toute partisanerie — je laisse à d’autres le soin de le confirmer — et que c’était la seule personne au Canada apte à occuper ce poste, aucun autre des 30 millions de Canadiens ne pouvant faire l’affaire. Mais ils ont changé d’idée et ont laissé tomber. Ils ont laissé tomber la Commission des nominations politiques.

C’est ce qui cloche dans le gouvernement actuel. Nous devrions avoir une commission comme celle-là. Le personnel ministériel devrait être soumis à un code d’éthique, comme au Royaume-Uni. Ces éléments faisaient partie de la plateforme du NPD lors des dernières élections. Il faudrait établir des normes d’éthique à l’intention des conseillers et renforcer la reddition de comptes dans les bureaux des ministres. Nous devrions renforcer l’autonomie du Parlement à l’égard du pouvoir exécutif, un aspect plutôt problématique sous le gouvernement actuel.

Tout cela serait un bon début. Nous pourrons ensuite penser au volet international de cette démarche.